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Les pressions de Bruxelles menacent l'avenir du gouvernement italien

Pressé par Bruxelles d'atteindre ses objectifs budgétaires, le gouvernement de Silvio Berlusconi tentait d'adopter mardi une réforme du système des retraites italien, point de friction avec la Ligue du Nord. Un accord doit être conclu avant mercredi.

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REUTERS - Le président du Conseil italien est confronté mardi à une pression croissante de la part de l'Union européenne et de son principal partenaire dans la coalition, la Ligue du Nord, qui n'exclut pas une chute du gouvernment.

Le gouvernement de centre droit pourrait tomber en cas de désaccord sur la réforme des retraites, a indiqué mardi le chef de file de la Ligue, Umberto Bossi.

"Le gouvernement est en péril", a-t-il lancé en entrant à la Chambre des députés, répondant à une question des journalistes sur la possibilité de faire chuter le gouvernement sur le dossier des retraites.

"Cette fois-ci, la situation est difficile, très dangereuse. Le moment est dramatique", a dit le leader de la droite populiste et xénophobe, qui a refusé lundi que son parti accepte
le recul du départ à la retraite à 67 ans.

"Si Berlusconi tombe, il y aura obligatoirement des élections", a-t-il estimé.

La question d'une réforme des retraites est un point de friction avec la Ligue, alliée indispensable du Peuple de la liberté (PDL) de Silvio Berlusconi. La formation autonomiste du nord de l'Italie s'est déjà opposée cette année à un recul de l'âge du départ à la retraite des femmes.

Les dirigeants de l'UE, emmenés par la chancelière allemande Angela Merkel et le président français Nicolas Sarkozy, ont demandé à Silvio Berlusconi de présenter un plan solide permettant de redresser la croissance et de réduire la dette du pays à l'occasion du Conseil européen prévu mercredi à Bruxelles.

Le président du Conseil, empêtré dans d'embarrassants scandales à répétition et en chute libre dans les sondages, a réussi à sortir vainqueur d'une série de votes de confiance cette année grâce à l'aide de la Ligue. Mais des analystes estiment qu'il ne pourra pas continuer longtemps à gouverner et prédisent des élections au printemps 2012.

Humiliation

La menace d'une chute du gouvernement intervient alors que l'Italie joue un rôle central dans la crise de la dette. Les inquiétudes grandissent sur sa capacité à maîtriser sa dette de 1.800 milliards de dollars et à faire en sorte qu'elle ne devienne pas incontrôlable.

Alors que les ministres italiens bataillent pour trouver un accord avant la date limite de mercredi, le ministre des Infrastructures, Altero Matteoli, a déclaré qu'il n'y aurait pas
d'autre réunion du gouvernement mais que Silvio Berlusconi pourrait néanmoins avoir des propositions à faire à Bruxelles.

"Si nous aboutissons à un accord, le président du Conseil le présentera à l'Europe. Nous pouvons inscrire la disposition ultérieurement dans la loi", a t-il dit.

L'Italie dépend du soutien de la BCE pour garder ses taux d'emprunt à des niveaux raisonnables, mais Silvio Berlusconi s'était mis en colère face à la pression de l'Allemagne et de la France, qui avait été jugée comme humiliante.

Lundi, il avait publié un communiqué expliquant qu'aucun pays de l'UE n'était en position de donner des leçons à ses partenaires.

Mardi, le président italien Giorgio Napolitano avait appelé le gouvernement à témoigner d'un engagement crédible en faveur de réformes, ajoutant que les expressions de défiance à l'égard des engagements italiens étaient "inappropriées et déplaisantes".

La pression exercée sur l'Italie pour que la Péninsule mette de l'ordre dans ses comptes publics ne peut se comparer à une violation de souveraineté ou à une volonté d'humiliation, mais doit être vu comme une tentative de renforcer l'économie d'un
pays membre, a dit mardi la Commission européenne.

"Il ne s'agit pas d'une atteinte à la souveraineté. Ni de donner des leçons, ni d'humilier", a déclaré le porte-parole de la Commission, Amadeu Altafaj.

"En même temps, nous avons 27 gouvernements élus démocratiquement qui se sont mis d'accord sur le renforcement de la surveillance et un degré plus élevé de coordination de leurs politiques économiques (...)", a-t-il ajouté.

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