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LITTÉRATURE

Alexis Jenni remporte le prix Goncourt, Emmanuel Carrère le Renaudot

Texte par : Dépêche
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Vidéo par : FRANCE 2
2 mn

L'écrivain Alexis Jenni (photo) remporte le prix Goncourt pour "L’Art français de la guerre" (Gallimard). Quant au prix Renaudot, il est attribué à Emmanuel Carrère pour "Limonov" (P.O.L).

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AFP - Le Goncourt, le plus prestigieux des prix littéraires français, a été attribué mercredi à Alexis Jenni pour son premier roman, "L'art français de la guerre" (Gallimard), fascinante fresque entre Indochine et Algérie qui questionne l'héritage des guerres coloniales.

Grand favori de ce prix convoité, ce professeur lyonnais de biologie de 48 ans a été choisi "au premier tour par 5 voix contre 3 à Carole Martinez", a annoncé chez Drouant l'un des membres du jury Didier Decoin.

Deux autres prétendants étaient en lice, Sorj Chalandon, déjà lauréat du Grand prix du roman de l'Académie française jeudi, Carole Martinez et l'écrivain haïtien Lyonel Trouillot.

Alexis Jenni l'avoue humblement, il se considérait jusqu'ici comme "un écrivain du dimanche". Cet agrégé de biologie n'a pourtant jamais cessé d'écrire depuis vingt ans, mais "de petites choses" restées dans ses tiroirs ou qui n'ont pas marché.

Il s'attelle voici cinq ans à ce livre, récit d'aventure et réflexion sur l'héritage des conflits coloniaux. Son épopée entre Indochine et Algérie achevée, il envoie son manuscrit de près de 700 pages, par la poste, à un seul éditeur, Gallimard, dont c'est le centenaire et qui flaire aussitôt la révélation de la rentrée.

La plupart des critiques sont aussi conquis et les éloges pleuvent depuis la sortie du livre sur cet amoureux du cinéma, de bandes dessinées et de la botanique, qui tient un blog dessiné, "Voyages pas très loin".

Loin des premiers romans souvent nombrilistes, "L'art français de la guerre", au style classique, épique, parfois un peu grandiloquent, est un chant inspiré, baigné de sang et de combats, une méditation sur l'identité nationale et ces vingt ans de guerres coloniales qui marquent encore les esprits aujourd'hui.

Le roman, très lisible mais exigeant, a déjà été vendu à plus de 56.000 exemplaires. Il devrait bientôt faire beaucoup mieux : un Goncourt se vend en moyenne à 400.000 exemplaires.

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