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Des membres de gangs et des enfants des rues recrutés par les partis politiques

Dans un climat très tendu, la République démocratique du Congo s’apprête à élire son nouveau président. Les partis politiques recrutent à tour de bras des jeunes costauds, officiellement chargés d'assurer la bonne tenue du scrutin.

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À deux jours d’une élection présidentielle sous haute tension en République démocratique du Congo (RDC), les partis politiques étoffent leurs troupes. Quitte à faire appel aux enfants des rues et aux membres des nombreux gangs que compte la capitale Kinshasa.

Mushi Ndibu, alias "Chaleur", Coordinateur de la jeunesse sportive, vigilante et désœuvrée du PPRD.
Mushi Ndibu, alias "Chaleur", Coordinateur de la jeunesse sportive, vigilante et désœuvrée du PPRD.

Mushi Ndibu, "Chaleur" pour ses hommes, répond au titre très officiel de coordinateur de la jeunesse sportive, vigilante et désoeuvrée du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), la formation du président sortant, Joseph Kabila. Il est à la tête d’une troupe de jeunes costauds - boxeurs, lutteurs, catcheurs…- officiellement chargés de veiller au calme et à la sécurité à l’approche du scrutin.

"Je ne peux pas compter [combien de jeunes ont été recrutés], j’ai beaucoup de gens, témoigne, au micro de FRANCE 24, Chaleur, un colosse de 90 kg, ancien champion d’Afrique de judo. Je dirige les sportifs, les désœuvrés et aussi tous ceux que l’on appelle les coopérants, les courageux, les enfants des rues." Les "coopérants", les "courageux"... quelques-uns des 300 gangs que compte Kinshasa. D’autres ont des noms plus évocateurs : "l’armée rouge", "les salopards", ou "les Irakiens"…

Le jour du scrutin, certains d’entre eux seront témoins dans les bureaux de vote, d’autres quadrilleront les quartiers pour sécuriser la ville. Des jeunes, supposés assurer la bonne tenue de l’élection, partent pourtant au quart de tour quand vient à passer un cortège de l’opposition. "Aujourd’hui, vous allez voir ! Aujourd’hui, vous allez mourir !", hurlent les jeunes du PPRD en direction des manifestants. Chaleur et son second, Champion Judas, alias "Zéro Deux", évitent de peu l’affrontement.

"Lorsque le chef dit 'A', on fait 'A'. Jusque-là, le chef nous dit d’apaiser les esprits, assure "Zéro Deux". Nous voulons des élections libres et apaisées, dans le calme. Jusque-là, c’est ça". Le mot d’ordre : le calme, au moins jusqu’aux élections. Et après ? Au vu des nombreuses irrégularités constatées dans l’organisation du scrutin, analystes, observateurs et ONG craignent une flambée de violence, particulièrement entre les jeunes de l’opposition et du pouvoir. Lors des élections de 2006, Kinshasa avait été le théâtre d’affrontements meurtriers au lendemain du premier tour. Une poudrière, qui, à en croire les spécialistes, pourrait bien éclater en cas de contestation des résultats.
 

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