BIRMANIE

Le régime birman légalise les manifestations

Texte par : Dépêche
3 mn

Multipliant dernièrement les signes d'ouverture, le régime birman a décidé d'autoriser les manifestations. Selon la loi, les manifestants doivent informer les autorités cinq jours à l'avance du lieu et de la raison du rassemblement.

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AFP - Le président birman a signé une loi qui autorise désormais la population à manifester, dernier signe en date d'une évolution du nouveau régime "civil", a indiqué la presse d'Etat samedi.

Le texte, signé vendredi par Thein Sein, stipule que les manifestants doivent informer les autorités cinq jours à l'avance du lieu et de la raison du rassemblement, selon le journal Myanmar Ahlin. Et qu'ils ne doivent pas bloquer la circulation.

La loi avait été adoptée le mois dernier par le parlement et sa signature n'était plus qu'une formalité.

Toute personne qui manifesterait sans permission risquera un an de prison, tandis que déranger un rassemblement pacifique sera passible de deux ans d'emprisonnement.

Les manifestations sont très rares en Birmanie.

Les derniers défilés majeurs datent de 2007. La "révolte safran", emmenée par des moines bouddhistes, avait attiré jusqu'à 100.000 personnes dans les rues de Rangoun, constituant le plus sérieux défi aux généraux depuis le soulèvement populaire de 1988. Les deux mouvements avaient été réprimés violemment.

Le nouveau parlement issu des élections de novembre 2010, les premières en vingt ans, avait déjà voté en octobre une loi autorisant le droit de faire grève et de se syndiquer.

En mars, la junte s'est auto-dissoute et a transmis ses pouvoirs à un gouvernement dit "civil", mais le pays est toujours dominé par les militaires.

Ce gouvernement a multiplié ces derniers mois les gestes d'ouverture, favorisant notamment le retour au centre du jeu politique de l'opposante Aung San Suu Kyi, libérée de résidence surveillée il y a un an.

Des réformes saluées cette semaine lors de la visite historique de la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton, qui a malgré tout souligné que ce n'était pas suffisant pour lever les sanctions économiques.

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