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Le parquet général fait appel du verdict dans l'affaire des pirates somaliens

Le parquet général de Paris a fait appel du verdict prononcé le 30 novembre dans le procès des six Somaliens jugés pour la prise d'otages sur le voilier "Carré d'As" en 2008. L'acquittement avait été prononcé pour l'un des ravisseurs présumés.

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AFP - Le parquet général de Paris a annoncé lundi avoir fait appel des cinq peines de 4 à 8 ans de prison et de l'acquittement prononcés le 30 novembre dans le procès de six pirates somaliens jugés pour la prise d'otages du voilier Carré d'As en 2008.

Le verdict de la cour d'assises avait été nettement moins sévère que les réquisitions prises par le ministère public, qui avait demandé six peines allant de 6 à 16 ans de réclusion.

Les six hommes seront donc de nouveau jugés, par une cour d'assises d'appel.

Les peines prononcées "ne sont pas à la hauteur de l'extrême gravité de faits de piraterie qui ont conduit la communauté internationale - et tout particulièrement la France - à mobiliser d'importants moyens militaires", a estimé le parquet général, dans un communiqué annonçant son appel.

"Elles sont d'ailleurs très en deçà des peines prononcées pour des faits similaires dans d'autres pays", a-t-il ajouté.

Les avocats de la défense n'étaient pas surpris à l'annonce de cet appel. "Mais nous espérions tout de même que le parquet y renoncerait", a déclaré à l'AFP Me Martin Pradel, dont le client a été condamné à 8 ans de prison.

"Le verdict prononcé n'était pas clément", a-t-il estimé, mais les réquisitions excessives. "Une sentence exemplaire sera manifestement encore requise (en appel), bien qu'il soit parfaitement compris, au-delà de l'injustice qu'il renferme, que ce type de message vers la Somalie est vain", a ajouté l'avocat.

Les ressortissants somaliens sont poursuivis pour avoir arraisonné le 2 septembre 2008 le voilier Carré d'As dans le golfe d'Aden et retenu en otages durant deux semaines ses deux occupants, un couple de Français, Jean-Yves et Bernadette Delanne.

Une rançon de deux millions de dollars avait été réclamée mais n'a jamais été versée: l'aventure des pirates s'était achevée dans la nuit du 15 au 16 septembre 2008 avec un assaut des forces spéciales françaises. Les époux Delanne avaient été libérés, un pirate tué et six capturés.

A l'issue du procès, les accusés avaient demandé pardon à leurs victimes qui, tout en ayant clairement exposé à la cour les faits imputables à chacun, leur avaient serré la main en leur souhaitant "bon courage". Les époux Delanne n'avaient pas été maltraités durant leur captivité.

La défense avait de son côté fait valoir les conditions déplorables de vie en Somalie, pays en guerre depuis vingt ans, considérant par ailleurs que les accusés avaient déjà été condamnés à "l'exil", loin de leurs familles et de leur culture.

Un seul des six hommes avait pu établir qu'il était un simple pêcheur, à bord du voilier par malchance au moment de l'assaut français. Il a été acquitté. Un autre s'était présenté lui-même comme otage des pirates mais n'a pas convaincu la cour, qui l'a condamné à 8 ans de prison. Les quatre autres avaient tous admis leur participation à l'opération.

Ce procès de la piraterie somalienne, phénomène qui ne faiblit pas malgré la présence de navires de guerre dans la région, était le premier organisé en France. L'affaire du Ponant, trois-mâts capturé quelques mois avant le Carré d'As, sera jugée en mai prochain.

 

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