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Des milliers de Congolais fuient vers Brazzaville

Par milliers, les Congolais fuient Kinshasa, capitale de la RDC, pour trouver refuge sur la rive opposée du fleuve Congo, à Brazzaville. Ils craignent des violences à l’annonce des résultats de la présidentielle de RDC.

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Depuis plusieurs jours, des milliers de Congolais et d'étrangers fuient Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC), pour Brazzaville, en République du Congo, sur la rive opposée du fleuve qui sépare les deux pays.

Sur les quais du port de Kinshasa, nombre d’étrangers et de Congolais attendent d’embarquer sur le bateau qui doit les emmener à Brazzaville. Seulement quatre km d’eau séparent les deux villes. Mais Brazzaville, capitale de la République du Congo - bien plus stable que la RDC -, fait office de havre de paix face à la poudrière de Kinshasa.
 

"Je me suis dit qu’il valait mieux prévenir que guérir", confie un jeune Congolais s’apprêtant à embarquer. "Moi, je suis Ivoirien. J’ai vécu les évènements en Côte d’Ivoire, donc je n’aimerais pas revivre les mêmes événements ici", renchérit un autre passager, faisant référence à la crise post-électorale ivoirienne, entre décembre 2010 et avril 2011. "Quand les troubles vont se terminer, on va revenir", affirme un autre homme.

 
Se mettre à l’abri le temps que l’atmosphère s’apaise est, en RDC, un luxe que peu de Congolais peuvent se permettre. Pour les plus pauvres, le prix du transport et les documents nécessaires pour se rendre dans le pays voisin représentent une dizaine de jours de travail. "Les gens qui partent, ce sont les gens plus aisés, ce ne sont pas nous, les pauvres", confirme Lambert, bagagiste du port de Kinshasa. "Vous savez, quelqu’un qui est déjà mort ne peut pas craindre de pourrir", ajoute-t-il.
 
La situation sécuritaire se dégrade
 
Alors que l’annonce des résultats de l’élection présidentielle approche, la situation sécuritaire se dégrade en RDC. L’opposition a d’ores et déjà annoncé qu’elle contesterait les résultats de l’élection. Organisé de façon chaotique, le double scrutin présidentiel et législatif à un tour a été émaillé de violences meurtrières et entaché d'irrégularités et de soupçons de fraudes. Lundi, l’ONG International Crisis Group a émis un bulletin d'alerte, classant la RDC dans la catégorie des pays avec "risque de conflit".
 
Dans plusieurs villes du pays, des manifestations ont éclaté, donnant lieu à de violents heurts avec les forces de l’ordre. Des coups de feu ont été entendus à Lumumba, dans la province du Kasaï, fief d’Étienne Tshisekedi, principal adversaire du président sortant Joseph Kabila. À Kinshasa, la police a dispersé une manifestation à coups de bombes lacrymogènes. Plusieurs dizaines de milliers de militaires y ont été déployés "pour maintenir l'ordre public et le rétablir au cas où il y aurait des troubles", selon le général Charles Bisengimana, chef de la police.
 
La commission électorale doit rendre publics des résultats partiels globaux le mardi 6 décembre. Les résultats définitifs de la présidentielle doivent être proclamés le 17 décembre par la Cour suprême, et le président doit prêter serment le 20 décembre. Mais nombre d’ONG et de spécialistes craignent que ce calendrier ne puisse pas être tenu.

 

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