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L’Iran ne veut pas d'ambassade américaine même virtuelle

Dix heures à peine après son inauguration par les États-Unis, Téhéran a bloqué le site de l’ambassade virtuelle américaine. Un nouvel épisode de la guerre diplomatique que se livrent les deux pays.

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À peine inaugurée, déjà bloquée. Depuis mercredi soir, l’Iran interdit à ses ressortissants de visiter sur Internet la toute nouvelle ambassade virtuelle américaine. Les États-Unis - dont la représentation diplomatique en Iran est suspendue depuis la prise d’otages, en 1979, de soixante Américains à l'ambassade de Téhéran  - avaient ouvert leur agence diplomatique virtuelle environ 11 heures auparavant ce jeudi. Le site, accessible depuis tout autre endroit de la planète en anglais et en farsi, s’ouvre avec un message vidéo d’Hillary Clinton, la secrétaire d’État américaine. Elle s’adresse directement aux Iraniens, leur expliquant que cette initiative est le moyen de “débattre ouvertement et sans peur de la politique américaine”, incitant les cyber-visiteurs à “se renseigner sur les procédures afin d’obtenir un visa” pour suivre ses études aux États-Unis ou y faire du tourisme . La diplomate en chef de l’administration Obama précise, toutefois, que ce site ne tient pas lieu de vitrine officielle de Washington en Iran.

Un message censuré très rapidement par Téhéran, qui a ensuite fermé cet accès arguant qu'il s'agissait d'une nouvelle "tentative de complot contre le peuple iranien”. Ce qu'avait déjà affirmé, mercredi dans la soirée, l’agence de presse iranienne semi-officielle Fars.

Washington a immédiatement condamné cette “nouvelle démonstration de la construction par Téhéran d’une barrière numérique autour du peuple iranien afin de l’empêcher d’être informé librement".

Persona web non grata

Malgré une interdiction d'accès quasiment à l'ouverture, le site a été un succès, selon le département d’État américain qui précise que la version anglaise comptabilisait  2001 visites contre 7 700 pour le portail en farsi. Et 500 000 fois dans le monde depuis son lancement. Outre le message d’Hillary Clinton, les internautes iraniens ont pu découvrir des documents tels que le rapport 2011 de l’ONU sur les droits de l’Homme ou les conclusions américaines sur le trafic de drogue en provenance de l’Iran.

Depuis la sanction des autorités iraniennes, les internautes tentant d'accéder à l'ambassade virtuelle sont automatiquement redirigés vers une page les informant que la visite de ce portail est “interdit par la loi”. Message accompagné d'une liste de sites sur l’Iran.

Derrière la polémique cyber-diplomatique, cet épisode souligne le contrôle instauré par le régime sur la Toile, notamment l'interdiction pour les Iraniens de lire en ligne tout média ou site américain. Pour autant, les internautes ne sont pas coupés du monde numérique. Ils peuvent ainsi trouver d’autres sources d’information sur Twitter ou Facebook :  Washington affirme que la page en farsi du Département d’État aura été visitée un million de fois.

L’administration américaine a précisé peu après le blocage de l’ambassade virtuelle que l’utilisation par les Iraniens de logiciels - tels que Tor - permettant de déménager virtuellement vers des cieux moins censurés était une solution. Ils affirment détenir la preuve que ces bidouillages informatiques ont permis à certains Iraniens de continuer à se rendre sur le site de l’ambassade virtuelle. 

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