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Municipales : les Syriens élisent leurs représentants sur fond de violences

Neuf mois après le début de la révolte, les Syriens étaient appelés à élire leurs représentants municipaux. Les violences n'ont pas cessé pour autant : selon une ONG syrienne, 15 personnes ont été tuées par les forces de sécurité ce lundi.

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AFP - Le régime syrien, confronté depuis près de neuf mois à une révolte populaire violemment réprimée, a organisé lundi des élections municipales, malgré la campagne de désobéissance civile lancée par les militants pro-démocratie.

Les violences n'ont pas cessé pour autant: les opérations des forces de sécurité ont fait 15 morts dans les régions de Homs (centre), Idleb (nord-ouest) et Hama (centre), selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Plus de 14 millions d'électeurs étaient appelés au urnes pour désigner leurs représentants dans les municipalités, le premier scrutin organisé depuis le début le 15 mars du mouvement de contestation sans précédent contre le régime du président Bachar al-Assad.

Les bureaux de vote ont ouvert à 08H00 locales (06H00 GMT) et devaient fermer à 22H00 locales (20H00 GMT).

"Les élections se déroulent dans le calme, dans un climat démocratique et il y a une bonne affluence", a déclaré le chef du haut Comité des élections, Khalaf al-Ezzawi. Dans les bureaux de vote à Damas, les électeurs étaient de plus en plus nombreux au fil de la journée, selon des responsables sur place.

"J'ai voté car nous voulons contribuer aux réformes en élisant les meilleurs", a déclaré Zeina, 35 ans, en sortant d'un bureau de vote place des Omeyyades à Damas.

"Tout le monde doit voter pour répondre à ceux qui appellent à la grève", a estimé Ahmad, un chauffeur de taxi, en référence aux militants pro-démocratie qui ont lancé une campagne de désobéissance civile entamée dimanche par une grève générale.

Lundi, la grève se poursuivait dans plusieurs régions. Ainsi à Homs, les commerces étaient fermés et les rues désertes dans les quartiers de l'opposition, selon des militants.

"Hier nous avons commencé la grève générale (...) qui se poursuivra jusqu'à la chute du tyran. Aujourd'hui, nous n'enverrons pas nos enfants à l'école", ont écrit les militants pro-démocratie sur internet.

Selon les autorités, les élections municipales se déroulent en vertu de la nouvelle loi électorale pour "renforcer le principe de la décentralisation", et se tiennent "à la date prévue conformément au programme de réformes".

"Cela prouve la détermination des dirigeants et du peuple syriens à avancer" dans les réformes, a déclaré à l'AFP Adnane Mahmoud, le ministre de l'Information, en rappelant que des élections législatives étaient prévues en février.

L'agence officielle Sana rapporté une tentative de vol de quatre urnes "par des hommes armés cagoulés" dans la région de Tall Kalakh, près du Liban. Les urnes ont été récupérées et "le vote se poursuit d'une manière normale", a assuré l'agence.

Mais un opposant sous couvert de l'anonymat s'est dit "étonné" que des élections puissent se tenir dans un tel contexte de crise. "Ces élections n'intéressent pas les villes qui se sont soulevées", a-t-il dit, en évoquant en particulier les habitants "terrés chez eux" dans certains quartier de Homs.

Selon lui, le scrutin n'a pu se tenir que "dans des régions qui ne se sont pas encore soulevées contre le régime", en particulier à Alep (nord) et dans de nombreux quartiers de Damas.

Selon la page Facebook des militants pro-démocratie, "la comédie des élections" a ainsi échoué à Deir Ezzor (est), où les rues sont restées désertes et où le taux de participation "n'a pas dépassé 1%". Une vidéo postée sur YouTube montre des électeurs déposant dans l'urne des bulletins "Chute du régime" ou "Dégage" dans un village de cette région.

A Idleb, "les autorités ont contraint des dizaines de citoyens à aller voter", selon l'OSDH.

Le mouvement de contestation a été lancé pour réclamer des réformes démocratiques, mais face à la détermination du régime à le mater, les manifestants exigent désormais le départ de M. Assad.

Ce dernier a promis une ouverture à la démocratie, en particulier la fin de l'état d'urgence et de l'hégémonie du parti Baas, mais les forces de sécurité et l'armée ont continué à réprimer la contestation, faisant selon l'ONU plus de 4.000 morts depuis mars.

Ces violences, qui ont fait près de 70 morts au cours des trois derniers jours, se sont poursuivies lundi. Des affrontements opposaient des déserteurs à des forces de sécurité dans les provinces d'Idleb et de Deraa (sud), selon l'OSDH.

Dix civils, dont un adolescent de 14 ans, ont été tués lundi dans la région de Homs par les tirs des forces de sécurité ou par des éclats d'obus. Dans le quartier de Baba Amro à Homs, trois membres d'une famille blessés après une fuite de gaz ont péri faute de soins à cause des opérations de la sécurité.

Quatre civils ont en outre été tués et sept autres blessés à Idleb par les tirs des forces de sécurité. Et un jeune homme de 30 ans a été tué par les forces de l'ordre dans la province de Hama.

 

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