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Le prince saoudien mordu de bling-bling technologique

Twitter a reçu, lundi, 300 millions de dollars du prince saoudien Al-Walid ben Talal al-Saoud. Un investissement qui étonne une partie des médias américains mais souligne surtout l’intérêt de ce milliardaire pour les nouvelles technologies.

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Le prince Al-Walid ben Talal al-Saoud a annoncé lundi 19 décembre avoir investi, par le biais de sa holding Kingdom Holding company, 300 millions de dollars dans Twitter, le célèbre réseau de microblogging américain. Un apport de capital qui permet au milliardaire, le 22e au monde selon le magazine américain "Forbes" en 2011, de s’offrir 5,5 % du site. Soit un coup de tonnerre dans le monde des nouvelles technologies aux États-Unis.

En effet, en apprenant la nouvelle, une partie des médias américains s’est immédiatement émue de l’origine de ces fonds. “Pourquoi un milliardaire saoudien s’intéresse-t-il à Twitter ?”, se demande ainsi Ben Parr, l’un des journalistes vedettes du site américain spécialisé dans les réseaux sociaux Mashable. Tandis que l’une des plumes de Wired, Lauren Weinstein, écrit sur Twitter qu’avec “le bilan de l’Arabie saoudite en matière de droits de l’Homme, cet investissement est controversé”. D’autres, comme le blogueur d’origine russe Evgueni Morozov, y voit même une tentative de museler “la révolution Twitter”… Autant de personnes qui ignorent l’intérêt que le prince porte au secteur des nouvelles technologies depuis le milieu des années 1990.

Apple, Netscape & Co

Certes, le milliardaire, né en 1955 et neveu du roi Abdallah d’Arabie saoudite, a d’abord bâti sa fortune dans la finance et l’immobilier. Depuis 1991, il détient notamment 3,5 % de la banque américaine Citigroup et s’est offert plusieurs hôtels de luxe tels que le Georges V à Paris (acheté pour 185 millions de dollars en 1996) ou le New York Plaza Hotel (dont il est actionnaire majoritaire depuis 2001). Mais très tôt, celui-ci se distingue des autres hommes d’affaires saoudiens par son goût prononcé pour le monde du high-tech. Dès 1997, il investit ainsi 115 millions de dollars dans Apple, ce qui correspond à cette époque à 5 % de la marque à la pomme. Un pari risqué tant le futur roi de la Silicon Valley semblait à l’époque incapable de faire face à la concurrence de Microsoft.

Le prince saoudien a ensuite fait partie des premiers investisseurs à s’intéresser au Net. En 1997 encore, il investit 300 millions de dollars dans Motorola, acteur américain majeur de ce qui allait être la révolution mobile, et achète 5 % de Netscape, le pionnier des navigateurs internet, pour 147 millions de dollars. Un gros chèque qui lui permet d’entrer ensuite au capital d’AOL (American On Line) lorsque le portail internet rachète à son tour Netscape en 1998.

En 2000, Al-Walid ben Talal persévère et continue de surfer sur la vague web qui déferle alors sur la planète. Pour 100 millions de dollars, il entre dans le capital du site de vente aux enchères eBay et du comparateur en ligne de prix priceline.com. Coup de chance ou bonne connaissance du secteur : ces deux sociétés survivront à l’éclatement de la bulle internet qui interviendra en 2001.

Libéral

Aujourd’hui, l’investissement d’Al-Walid ben Talal dans Twitter marque son grand retour sur Internet, qu’il avait délaissé depuis la fin de la folie ".com" sans pour autant renier son intérêt pour les nouvelles technologies. Depuis le début des années 2000, il compte en effet dans son portefeuille environ 1 % du capital du constructeur Hewlett-Packard et du fabricant d’appareils photo Kodak.

Si dans le monde des milliardaires du golfe, plutôt porté sur l’immobilier et la finance, le portefeuille d’actifs d’Al-Walid Ben Talal détonne, sa personnalité détonne également originale. “Il est l’un des rares à ne pas s’être muré dans le silence pendant les révolutions arabes”, notait ainsi le magazine Forbes en mars dernier. Dans un billet d’opinion paru en février 2011 dans le "New York Times", le prince appelait en effet à des élections libres dans les pays arabes et à davantage de réformes sociales.

Une prise de position qui peut, certes, n’apparaître que comme un gage de bonne volonté de la famille royale saoudienne envers son allié américain. Il n’en demeure pas moins que, même dans son pays, Al-Walid ben Talal est considéré comme un libéral. Ainsi, la majorité des employés de son groupe est composée de femmes qui ne sont pas obligées de porter l’abaya, le costume traditionnel féminin dans le royaume wahhabite.

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