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Attentat-suicide meurtrier contre le ministère de l'Intérieur

Vidéo par Achren VERDIAN

Texte par Dépêche

Dernière modification : 26/12/2011

Quatre jours après une vague d'attentats à Bagdad, une nouvelle attaque à la voiture piégée a tué au moins cinq personnes et blessé une dizaine d'autres, ce lundi, dans la capitale irakienne. L'explosion visait le ministère de l'Intérieur.

AFP - Cinq personnes ont été tuées lundi dans un attentat suicide à la voiture piégée contre le ministère de l'Intérieur dans le centre de Bagdad, selon une source médicale, quatre jours après une série d'attentats meurtries dans la capitale irakienne.

Au moins 27 autres ont été blessées dans l'attentat du lundi qui a eu lieu vers 07H30 locales (04H30 GMT) dans le quartier de Bab al-Charji, selon cette source.

Deux établissements hospitaliers ont indiqué avoir reçu les corps de cinq personnes et soigné 13 blessés.

Un avertissement contre Maliki ?

Le kamikaze a profité de l'ouverture par les gardes de la porte principale du ministère pour laisser entrer les employés chargés de la maintenance électrique des locaux et s'est fait exploser, selon un responsable du ministère qui a requis l'anonymat.

L'Irak est secoué depuis quelques jours par une série d'attentats sur fond de crise politique aiguë entre chiites, majoritaires dans le pays, et sunnites, qui paralyse les institutions et menace le fragile équilibre entre les deux communautés.

Jeudi, au moins 60 personnes ont été tuées dans une série d'attentats à Bagdad et dimanche, six membres des forces de sécurité ont été abattus dans des attaques dans les provinces majoritairement sunnites de Salaheddine et al-Anbar, selon des sources hospitalières et sécuritaires.

Quelques jours après le départ des derniers soldats américains stationnés en Irak, un mandat d'arrêt a été lancé à l'encontre du vice-président sunnite Tarek al-Hachémi, accusé d'avoir soutenu et financé des actions terroristes menées par ses gardes du corps.

M. Hachémi a rejeté toutes les charges et s'est exprimé dans plusieurs médias ces derniers jours pour dénoncer le Premier ministre, le chiite Nouri al-Maliki.

Réfugié dans la région autonome du Kurdistan irakien (nord) et hébergé dans une résidence du président du pays, le Kurde Jalal Talabani, M. Hachémi a déclaré dimanche dans un entretien à l'AFP qu'il ne faisait pas assez confiance à la justice de son pays pour rentrer à Bagdad et évoqué un éventuel exil.

Il a reconnu que certains de ses anciens gardes du corps avaient pu mener des attentats mais fermement démenti y avoir été mêlé.

A la question de savoir s'il envisageait de rentrer à Bagdad pour y être jugé, M. Hachémi a répondu: "Bien sûr que non", évoquant le manque de sécurité dans la capitale et la politisation du système judiciaire.

Ce mandat d'arrêt lancé il y a près d'une semaine contre le vice-président sunnite a encore accru la crise entre le Premier ministre chiite et le groupe parlementaire Iraqiya, soutenu par les sunnites et dont M. Hachémi fait partie.

Deuxième groupe parlementaire, Iraqiya a décidé de boycotter le Parlement et le gouvernement pour dénoncer l'autoritarisme de M. Maliki. Ce dernier a réagi en menaçant de remplacer les neuf ministres d'Iraqiya et en réclamant le limogeage de son adjoint sunnite, Saleh Motlak qui l'a qualifié de dictateur "pire que Saddam Hussein".

Le vice-président américain Joe Biden a appelé les dirigeants irakiens au "dialogue", a annoncé la Maison Blanche dimanche.

M. Biden a lancé cet appel lors d'entretiens téléphoniques avec le Premier ministre irakien, et le dirigeant kurde Massoud Barzani, au cours desquels il a été question de la "situation politique actuelle en Irak", selon la présidence américaine.
 

Première publication : 26/12/2011

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