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Une école coranique visée par une bombe

L'attaque menée mercredi contre une école coranique fait craindre une escalade des violences inter-religieuses au Nigeria. Des attentats revendiqués par la secte islamiste Boko Haram ont eu lieu à Noël contre des églises, faisant au moins 40 morts.

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AFP - Une école coranique a été visée par une bombe mercredi au Nigeria où des églises envisagent de s'auto-défendre contre d'éventuels assauts d'islamistes, au moment où des attentats contre des églises le jour de Noël font craindre une escalade des violences interconfessionnelles.

De jeunes enfants qui étudient l'arabe et le Coran ont été blessés en classe par l'explosion d'une bombe artisanale jetée contre leur établissement dans le delta du Niger (sud), selon la police.

Alors que les autorités tentent de rassurer la population face à une vague de violences revendiquées par une secte islamiste, une coalition d'églises évangéliques a averti que ses fidèles se défendront eux-mêmes en cas d'attaque, si le gouvernement ne le fait pas.

"Un explosif de faible puissance, fabriqué localement, a été jeté dans une école coranique de Sape le", mardi soir, a déclaré à l'AFP un porte-parole de la police, Charles Mouka.

Six enfants âgés de 5 à 8 ans et un adulte ont été blessés et hospitalisés.

L'explosif a été jeté depuis une voiture en marche qui n'a pas été identifiée et personne n'a été arrêté, selon la même source.

Cette attaque survient après une vague d'attentats meurtriers dimanche, jour de Noël, visant notamment des églises à la sortie de la messe de la nativité.

Au moins 40 personnes ont été tuées dans ces explosions, la plus meurtrière, devant une église catholique de Madalla, près de la capitale Abuja, faisant 35 morts.

Dans un hôpital d'Abuja, des survivants de Madalla attendaient de recevoir des soins, certains grièvement brûlés.

Esther Ibu, la trentaine, assise dans un fauteuil roulant, a été propulsée à terre par la déflagration. "En un instant, j'ai commencé à voir des cadavres, des gens réduits en cendres", dit-elle en pleurant.

Les attentats ont été attribués par les autorités à la secte islamiste Boko Haram, un mouvement violent qui prône la création d'un Etat islamique au Nigeria, et le groupe les a lui-même revendiqués.

Le fait que des églises aient été prises pour cible le jour de Noël fait craindre des représailles et des violences entre musulmans et chrétiens.

L'attaque contre l'école coranique n'a pas été revendiquée. Si les violences dans la région du delta sont fréquentes, elle visent généralement le secteur pétrolier et n'ont jusqu'à présent pas eu de caractère religieux.

Pays le plus peuplé d'Afrique avec 160 millions d'habitants, le Nigeria compte environ autant de musulmans, majoritaires dans le nord, que de chrétiens, plus nombreux dans le sud.

Mardi, le président Goodluck Jonathan s'est entretenu avec le plus haut responsable musulman du pays qui a tenté de rassurer la population.

"Je veux assurer tous les Nigérians qu'il n'y a aucun conflit entre les musulmans et les chrétiens, entre l'islam et la chrétienté", a déclaré le sultan de Sokoto (nord), Muhammad Sa'ad Abubakar.

Le conseiller national pour la sécurité, Owoye Azazi, a de son côté appelé les chrétiens à ne pas se venger.

Des dignitaires chrétiens ont pressé les autorités d'intervenir pour prévenir une escalade des violences commises par Boko Haram. Le gouvernement s'est jusqu'à présent montré incapable d'empêcher la secte de multiplier des actions de plus en plus sophistiquées et meurtrières.

Dans un communiqué, une coalition d'églises pentecôtistes a mis en garde mercredi: "En 2012, si ces attaques continuent et que les chrétiens ne sont toujours pas protégés par les agences de sécurité, alors nous n'aurons pas d'autre choix que de défendre nos vies et nos biens".

Les violences récentes ont fait quelque 90.000 déplacés à Damaturu, dans le nord-est, a indiqué mercredi l'agence nationale des services de secours. Il s'agit en majorité de musulmans.

La ville a été secouée par deux explosions le jour de Noël, dont un attentat suicide tuant trois agents des services de renseignement de la police. Mais Damaturu avait aussi été, la semaine dernière, le théâtre de violents affrontements entre des combattants de Boko Haram qui avaient lancé des attaques et les forces de sécurité. Ces violences auraient fait jusqu'à 100 morts.

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