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Inscription sur les listes électorales : la campagne du gouvernement fustigée

Alors qu’approche le 31 décembre - date butoire des inscriptions sur les listes électorales -, la classe politique française fustige la trop discrète campagne du gouvernement pour inciter les Français à y prendre part.

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Pour Manuel Valls (PS), c’est "un scandale", pour François Bayrou (MoDem), "une faute civique". Cette semaine, les attaques contre l’équipe gouvernementale n’ont cessé de pleuvoir. Elle est en effet accusée d’avoir délibérément négligé l’organisation d’une campagne rappelant aux citoyens la nécessité de s’inscrire sur les listes électorales avant le 31 décembre 2011 alors que se profilent les élections présidentielle et législatives au printemps prochain.

Jusqu’à présent, une campagne télévisée avait été organisée au cours de l’année précédant une élection majeure pour inciter un maximum de personnes à s’inscrire sur les listes électorales. Mais cette année, silence radio. Ou presque. La campagne s’est limitée à une distribution de dépliants et d’affichettes dans les mairies, associations et centres culturels partout en France. Sur internet, elle s’est contentée d'une bannière sur le site du ministère de l’Intérieur et sur celui de l’association civisme et démocratie (Cidem), celle-là même qui, subventionnée par le ministère de l’Intérieur, chapote la campagne de communication sur le sujet.

"Le gouvernement, rompant avec tous les usages républicains, se refuse à organiser une campagne de communication digne de ce nom", a accusé Najat Vallaud-Belkacem, porte-parole de François Hollande. "On estime pourtant aujourd'hui à 9 % du corps électoral le nombre de Français non inscrits. Parmi eux, les jeunes sont les premiers concernés : 29 % chez les 18 ans, 13 % chez les 18-22 ans. Le gouvernement se désintéresse t-il totalement de la jeunesse ? Ou craint-il sa sanction si elle accède aux urnes ?", s’interroge-t-elle. Selon l’opposition, l’abstention concerne surtout les jeunes habitants des quartiers défavorisés qui votent plutôt à gauche. Des doutes sur la bonne foi du gouvernement que partagent nombre de personnalités politiques. "Je trouve ça suspect", a notamment lâché le candidat Nicolas Dupont-Aignan, président de "Debout la République" - parti se réclamant du gaullisme -, au cours d’une interview sur RMC.

Le service d’information du gouvernement : "un monastère trappiste"

François Bayrou, candidat du parti centriste Modem, s’est pour sa part insurgé contre le "refus" du gouvernement de promouvoir l'inscription sur les listes électorales. "C'est d'autant plus frappant que partout où il y a, de la part des municipalités, un appel de cet ordre, on voit les inscriptions affluer, a-t-il affirmé mardi, en marge d’une visite dans le Val de Marne. C'est un manquement de la part du gouvernement, qui dépense pourtant des dizaines de millions d'euros en campagnes publicitaires diverses et variées et qui n'a pas assumé sa responsabilité d'appeler les citoyens à participer aux grands choix du pays". La candidate du Front national, Marine Le Pen, et le président d’honneur du Parti radical de gauche, Roger-Gérard Schwartzenberg sont à leur tour entrés dans la polémique. "Le service d'information du gouvernement continue de garder le silence, évoquant davantage un monastère trappiste qu'une agence d'information", a notamment estimé l’ancien ministre.

De son côté, le ministère de l’Intérieur réfute ces accusations. "Jamais on n'avait fait autant d'efforts", a assuré Pierre-Henry Brandet, porte-parole du ministère qui finance la totalité des 181 000 euros que coûte la campagne chapeautée par la Cidem. En 2006, seulement 31 000 euros y avaient en effet été consacrés.

Quant à l'UMP, le parti présidentiel se défend de toute manœuvre politique, affirmant que son secrétaire général, Jean-François Copé, ne cesse d’appeler à la participation aux élections de 2012 alors qu’il effectue un tour de France. Pourtant, sur le site du parti présidentiel, seul un communiqué des Jeunes populaires fait mention de l’inscription sur les listes électorales afin de dénoncer "les fantasmes exprimés par l’équipe de François Hollande sur l’absence de campagne". "Ce n'est pas en créant des polémiques de politicards que les jeunes croiront en la politique et participeront aux scrutins de 2012", ajoutent-ils.

Inscriptions automatiques

Pour l’heure, selon Jean-Yves Dormagen, chercheur à l’institut d’études politiques de Montpellier, "plus du tiers des Français ne sont pas en situation de voter au bureau de leur quartier de résidence". Or, depuis la loi Jospin de 1997, les personnes atteignant l’âge de la majorité sont censées être automatiquement inscrites sur les listes électorales. Un processus qui connaît quelques ratés, mais qui n’impacte pas significativement le nombre de citoyens inscrits. En effet le chercheur estime à seulement 6 % le taux de personnes ne figurant pas sur ces listes. "Mais ce taux très bas masque un phénomène tout à fait déterminant : la 'mal-inscription', qui concerne ceux qui ne se sont pas réinscrits après leur dernier déménagement", poursuit-il.

En 2006, le nombre d’inscriptions sur les listes électorales avait bondi, dopé par le choc provoqué en 2002 par l’accession du candidat d’extrême droite, Jean-Marie Le Pen, au second tour de la présidentielle face à Jacques Chirac. Lors de l’élection de 2007, le nombre d'électeurs à s'être déplacés pour aller voter avait augmenté de 40 %.

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