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Bouygues réclame 9 millions d'euros au "Canard enchaîné"

Bouygues a assigné en diffamation le "Canard enchaîné" pour des articles accusant le géant du BTP de faits de corruption en lien avec le chantier du futur "Pentagone français". Le groupe réclame au journal 9 millions d'euros.

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AFP - Le groupe Bouygues réclame 9 millions d'euros au Canard enchaîné, qu'il a assigné en diffamation pour ses articles impliquant le géant du BTP dans d'éventuels faits de corruption concernant le chantier du futur "Pentagone français", a indiqué mercredi l'hebdomadaire à l'AFP.

Bouygues a par ailleurs obtenu du tribunal de Paris l'autorisation d'assigner Le Canard "à jour fixe", c'est-à-dire en urgence, et l'affaire sera plaidée sur le fond le 18 janvier devant la 17e chambre, a-t-on indiqué de source judiciaire, confirmant une information de l'hebdomadaire.

"La somme demandée est totalement délirante", a déclaré à l'AFP le rédacteur en chef adjoint du Canard Enchaîné, Louis-Marie Horeau. "C'est un épouvantail. L'idée des 9 millions est de dissuader le Canard et tous les médias qui nous ont repris, et de semer la terreur chez les confrères."

"Le groupe Bouygues semble avoir perdu le sens de la mesure. Sans nous exprimer sur le fond de l'affaire, nous ne pouvons que dénoncer le montant réclamé --9 millions d'euros! Que cherche l'entreprise? La mort du journal?", a réagi de son côté Reporters sans frontières (RSF) dans un communiqué.

"La volonté d'intimidation contre la presse est manifeste. Bouygues vise à dissuader les journaux de reprendre l'information l'incriminant", ajoute l'association.

Les avocats du groupe français n'ont pas pu être joints dans l'immédiat.

Le Canard Enchaîné avait révélé dans son édition du 7 décembre qu'une information judiciaire pour corruption et trafic d'influence était ouverte depuis février sur d'éventuelles malversations lors de l'attribution au groupe Bouygues du chantier du futur siège du ministère de la Défense dans le quartier Balard (XVe arrondissement de Paris).

Selon l'hebdomadaire satirique, un haut responsable de la Défense est soupçonné d'avoir transmis à un cadre dirigeant de Bouygues le cahier des charges du marché avant ses concurrents.

Le 14 décembre, le PDG du groupe, Martin Bouygues, avait affirmé aux Echos que le géant du BTP allait saisir la justice "afin de défendre son image et sa réputation" face à de "fausses accusations gravement diffamatoires qui lui portent considérablement préjudice tant en France qu'à l'international".

L'assignation vise Le Canard, son directeur de la publication, Michel Gaillard, et deux de ses journalistes, Hervé Liffran et Christophe Nobili.

Le ministère de la Défense a affirmé de son côté que la procédure d'attribution du chantier avait été conduite en toute "transparence" et "régularité".

 

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