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Manifestations monstres des opposants au régime de Bachar al-Assad

Plus de 250 000 manifestants à Idleb, 60 000 à Douma... Les opposants au régime n'ont jamais été aussi nombreux. Malgré la présence des observateurs de la Ligue arabe depuis lundi, 130 civils ont été tués cette semaine dont une vingtaine vendredi.

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AFP - Des centaines de milliers de personnes ont manifesté vendredi contre le régime syrien, notamment dans des villes où se trouvaient les observateurs arabes, ce qui n'a pas empêché les forces de sécurité de réprimer dans le sang ces rassemblements.

L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) a fait état de la mort vendredi de 20 civils (dont 13 dans les manifestations), deux déserteurs et cinq soldats en Syrie, où la révolte contre le régime du président Bachar al-Assad ne s'essouffle pas.

Les observateurs, chargés de surveiller la situation dans le cadre d'un plan de la Ligue arabe visant à mettre fin aux violences, se sont rendus à Idleb (nord-ouest), Hama (nord), Homs (centre) et à Deraa (sud), selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). La télévision officielle a dit qu'un groupe était également allé à Douma, près de Damas.

L'Armée syrienne libre, formée de déserteurs hostiles au régime baasiste au pouvoir à Damas, a reçu l'ordre de cesser le combat pendant la visite des observateurs de la Ligue arabe, qui doit durer un mois, a annoncé vendredi son commandant.

"J'ai donné l'ordre de cesser toutes les opérations à partir du jour où la commission est entrée en Syrie, vendredi dernier. Toutes les opérations ont été stoppées, à l'exception des cas d'autodéfense", a déclaré à Reuters le lieutenant-colonel Riad al Asaad, joint au téléphone en Turquie.

"Nous avons tenté de communiquer avec eux (les observateurs) et nous avons demandé à rencontrer l'équipe, sans succès jusqu'ici. On ne nous a pas donné les numéros (de téléphone) des observateurs, malgré nos demandes. Personne ne nous a contacté non plus", a-t-il ajouté.

 

A Deraa, berceau de la contestation, cinq civils ont péri lorsque les forces de sécurité ont ouvert le feu à balles réelles sur une manifestation, et à Hama, au moins cinq autres ont été tués et plus de 20 blessés, selon l'OSDH.

Dans la province d'Idleb, plus de 250.000 manifestants se sont rassemblés dans des dizaines de villes, notamment Idleb, Maret al-Noman, Khan Cheikhoune et Saraqeb, selon l'OSDH. A Idleb même, deux manifestants ont été tués et 37 autres blessés par les forces de sécurité.

Toujours selon l'OSDH, des énormes manifestations ont eu lieu à Homs, bastion de la contestation, où les agents de sécurité ont ouvert le feu.

Dans cette ville, les corps de cinq personnes arrêtées dans la nuit ont été retrouvés. Une sixième, blessée ce matin par les forces de sécurité, a succombé à ses blessures.

Dans la région de Homs, cinq membres des forces de sécurité ont été tués par des déserteurs à un barrage dans la région de Houla. Et deux civils et deux soldats dissidents ont été tués dans une embuscade tendue par les forces armées près de Tal Kalakh, à la frontière libanaise, a indiqué l'OSDH.

A Douma, plus 60.000 personnes ont manifesté, selon l'OSDH, qui a précisé que les forces de sécurité avaient fait usage de bombes à clous et de gaz lacrymogènes pour disperser les protestataires, blessant 24 d'entre eux.

Les forces de l'ordre ont également ouvert le feu sur des manifestants à Damas, arrêtant des protestataires au moment où ils quittaient les mosquées.

A Alep (nord), relativement peu touché jusqu'à présent par le soulèvement, des partisans du régime ont "réprimé violemment" une manifestation dans le quartier Salaheddine, selon la même source.

Jeudi, les forces de sécurité avaient tué au moins 25 personnes alors que les observateurs se trouvaient à Hama, Idleb, Homs, Deraa et Douma.

"Nous vous demandons de faire la distinction entre l'assassin et la victime. Notre Révolution (...) est pacifique", ont écrit les militants sur leur page Facebook Syrian Revolution 2011, à l'adresse des observateurs arabes.

Tout en exprimant des doutes sur l'efficacité de la mission, des opposants syriens ont jugé que la présence des experts "assurait en quelque sorte une protection" aux manifestants.

Haytham Maleh, avocat des droits de l'Homme et membre du Conseil national syrien (CNS), principal mouvement de l'opposition, a demandé que les observateurs s'acquittent de leurs obligations en "restant dans les villes qu'ils visitent pour protéger les habitants".

Ils doivent "vérifier l'application" par le régime de toutes les clauses de l'initiative arabe, a-t-il dit en jugeant leur nombre insuffisant.

Le plan de sortie de crise de la Ligue arabe prévoit l'arrêt des violences, la libération des détenus, le retrait de l'armée des villes et la libre circulation dans le pays pour les observateurs arabes et la presse.

Washington a jugé utile la présence des observateurs, tout en se disant préoccupée que "la violence perdure", alors que la France a jugé "prématuré" de se prononcer sur les résultats de la mission.

La Russie, alliée de la Syrie, s'est dite "satisfaite" du début de la mission, citant son chef, le général soudanais Mohammed Ahmed Moustapha al-Dabi, selon qui "la situation est rassurante" à Homs.

Reporters sans frontières a demandé aux observateurs de rendre visite aux "nombreux" professionnels de l’information détenus, et d’exiger leur libération, tout comme celle de l’ensemble des personnes toujours incarcérées".

"Il est également important qu’ils recueillent le témoignage de ceux qui ont été libérés (...) Sinon cette mission d’observation n’aura été qu’une mascarade", estime RSF.

L'opposition et les pays occidentaux accusent le régime de réprimer dans le sang les manifestations alors que les autorités syriennes imputent les troubles à des "bandes terroristes".

Selon l'ONU, plus de 5.000 personnes ont été tuées depuis le début de la révolte, à la mi-mars.
 

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