SYRIE

La Ligue arabe exige l'arrêt total des tirs sur les manifestants anti-Assad

Selon le secrétaire général de la Ligue arabe, l'armée syrienne s'est retirée des villes pour se redéployer dans les faubourgs. Les échanges de tirs entre forces de l'ordre et opposants se poursuivent toutefois avec la même intensité.

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AFP - Le secrétaire général de la Ligue arabe Nabil al-Arabi a demandé lundi que "les tirs s'arrêtent" en Syrie où le régime continue de réprimer les militants pro-démocratie malgré le déploiement des observateurs de l'organisation panarabe.

M. al-Arabi a affirmé, lors d'une conférence de presse au Caire, que selon les "derniers rapports" reçus par téléphone des observateurs sur place en Syrie "il y a toujours des tirs et des tireurs embusqués" dans les villes syriennes.

"Il faut un arrêt total des tirs", a-t-il ajouté, dans les premières déclarations au sujet de la mission des observateurs arabes.

M. Al-Arabi a en outre évoqué la possibilité d'une réunion prochaine des ministres arabes des Affaires étrangères pour évaluer cette mission.

Parallèlement, les appels à leur retrait se sont multipliés depuis leur arrivée à Damas le 26 décembre, la répression sanglante menée par le régime du président Bachar al-Assad ne marquant pas de répit.

Deux civils ont été tués lundi à Homs (centre) par les forces de sécurité, et quatre autres ont été blessés. Un agriculteur a été tué lors de perquisitions menées dans le village de Chaffounié, près de Damas, à la recherche de militants, a rapporté l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

De leur côté, des groupes d'observateurs effectuaient lundi des tournées à Homs, Hama (centre), Deraa (sud), où le mouvement de contestation a débuté, et à Daraya, près de Damas, pour rendre compte de la situation, selon l'agence officielle Sana.

A Homs, les observateurs sont allés visiter une cimenterie près de Rastane, au lieu de se rendre dans cette ville où des milliers de manifestants ont été dispersés par des tirs en l'air, a souligné l'OSDH.

Pour sa part, la France a demandé que les observateurs aient les moyens de leur mission.

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"Nous voulons avoir l'assurance qu'ils soient en mesure de se rendre partout où ils doivent se rendre pour témoigner et pour accomplir de façon crédible, objective et complète le mandat qu'ils ont reçu de la Ligue arabe", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Bernard Valero.

Dimanche, le président du Parlement arabe, Salem al-Diqbassi, avait appelé à leur "retrait immédiat, (...) le régime syrien continuant à tuer des civils innocents", dénonçant les agissements du régime comme "une violation claire du protocole arabe qui prévoit de protéger le peuple syrien".

Les Comités locaux de coordination (LCC) qui organisent la mobilisation sur le terrain, ont fait état dimanche soir de la mort de 315 civils, dont 24 enfants, depuis l'arrivée des observateurs.

La mission des observateurs arabes est contestée également par les opposants syriens qui accusent le régime d'entraver leur mission et expriment des inquiétudes au sujet des "positions adoptées" par son chef, le général Mohammed Ahmed Moustapha al-Dabi.

"Les observateurs sont restés trop longtemps dans leurs hôtels avant d'être autorisés à sortir sur le terrain et leurs visites se font sous la surveillance des agents de sécurité du régime", a déploré Jabr al-Choufi, membre du Conseil national syrien (CNS), principal mouvement de l'opposition syrienne, dans des déclarations à la chaîne al-Arabiya.

Leur mission fait partie d'un plan de la Ligue arabe qui prévoit notamment la liberté de manifester, et le retrait des engins militaires des rues.

Certains remettent également en cause le choix du dirigeant de la mission, "le général Dabi, qui appartient à une armée ayant commis des crimes de guerre au Darfour", écrivait lundi le quotidien à capitaux saoudien al-Hayat, dans un article intitulé "le scandale al-Dabi". "Amnesty international l'a rendu responsable de cas d'arrestations arbitraires et de torture contre de nombreuses personnes au Soudan", souligne le journal basé à Londres.

Un deuxième groupe d'observateurs doit arriver jeudi en Syrie.

Dans la région d'Idleb (nord-ouest), des groupes de déserteurs ont attaqué lundi deux points militaires à Kafar Haya, prenant en otage des dizaines de soldats. Ils ont en outre tué un certain nombre de soldats lors de confrontations.

Dimanche, les forces du régime avaient tué cinq civils en Syrie, dont un enfant de sept ans, "premier martyr de l'année 2012", selon l'OSDH.

"La famille Assad n'a plus que quelques semaines à exercer le pouvoir en Syrie", a estimé lundi le ministre israélien de la Défense Ehud Barak, ajoutant qu'il est "impossible de prévoir (...) ce qui va arriver au lendemain de la chute de Bachar al-Assad".

Par ailleurs, la Suisse a refusé un visa d'entrée à un cousin du président Assad, Hafez Makhlouf, chef des services secrets de Damas, qui voulait rencontrer son avocat en Suisse, selon le journal dominical NZZ Am Sonntag. Hafez Makhlouf s'élève contre les sanctions imposées par la Suisse contre le régime syrien et voulait venir en Suisse pour en discuter avec son avocat, selon le journal.

 

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