SYRIE

Un attentat meurtrier frappe le centre de Damas

Un attentat-suicide a fait au moins 26 morts et 46 blessés dans le quartier de Midane, à Damas, selon la télévision d’État. Des images crues diffusées par la chaîne montrent l'épave d'un bus, les vitres fracassées et éclaboussées de sang.

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AFP - Un attentat suicide, imputé par les autorités à des "terroristes" et par des opposants au régime, a fait au moins 26 morts vendredi dans un quartier historique du centre de Damas, deux semaines après une attaque similaire.

Dans le même temps, 17 civils ont été tués par les forces de sécurité à

Les forces syriennes tirent sur des manifestants à Damas

Des éléments des forces loyales au président syrien Bachar al Assad ont ouvert le feu vendredi sur plusieurs centaines de personnes qui manifestaient dans Damas, faisant au moins trois blessés, rapporte un témoin.

Les manifestants pro-démocratie s'étaient rassemblés à la sortie d'une mosquée du quartier de Kfar Souseh.

Selon le témoin, contacté par téléphone par Reuters, des miliciens "chabbiha" et des agents de la police secrète ont tiré sur la foule à l'arme automatique.

travers le pays, où des dizaines de milliers de personnes ont manifesté pour réclamer que l'ONU intervienne pour faire cesser la répression sanglante de la révolte contre le régime de Bachar al-Assad.

"Un kamikaze s'est fait exploser aux alentours de 10H55 dans le quartier de Midane à Damas, un quartier densément peuplé", faisant 26 morts et 63 blessés, a annoncé l'agence de presse officielle Sana, en citant le ministre de l'Intérieur, le général Mohammed al-Shaar.

La télévision syrienne a diffusé des images crues des lieux: restes de corps, gravats jonchant le sol, flaques de sang et voitures calcinées aux vitres brisées. Elle a aussi annoncé des funérailles officielles et populaires samedi après la prière de l'après-midi à la mosquée Hassan à Midane.

Le ministère a prévenu dans un communiqué que la Syrie allait "frapper d'une main de fer tous ceux qui veulent nuire à la patrie".
              

Le parti Baas au pouvoir a affirmé que l'attentat était "un acte terroriste faisant partie du complot ourdi contre la Syrie" et qu'il coïncidait "avec des déclarations faites par des symboles de l'opposition syrienne et par des responsables français et américains", selon la télévision.

Le Hezbollah libanais, allié de la Syrie, a accusé les Etats-Unis d'être derrière l'attentat.

A Washington, la porte-parole du Département d'Etat, Victoria Nuland, a déclaré que les Etats-Unis condamnaient "résolument" l'attentat suicide à Damas.

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon s'est dit "profondément préoccupé par la situation qui empire en Syrie, où des milliers de personnes sont mortes depuis mars de l'an dernier et où d'autres sont tuées chaque jour. Je répète que toute forme de violence est inacceptable et doit immédiatement cesser".

Les Frères musulmans syriens ont accusé le régime. "Nous faisons porter au régime, à ses services de sécurité et à ses gangs l'entière responsabilité de ce crime", a insisté leur porte-parole, Zouheir Salem, dans un communiqué.

De même, dans un communiqué, le Conseil national syrien (CNS), qui regroupe la majorité des courants de l'opposition, a accusé le régime de chercher à "créer le chaos et à détourner l'attention de ses crimes de meurtre et de torture", lui faisant porter "l'entière responsabilité de l'attentat".

Le 23 décembre, un double attentat à la voiture piégée avait fait 44 morts et 150 blessés.

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Les autorités avaient accusé Al-Qaïda, alors que l'opposition pointait le régime du doigt.

Cette attaque était survenue juste avant l'arrivée des observateurs de la Ligue arabe chargés de veiller à l'application du plan arabe de sortie de crise prévoyant en premier lieu l'arrêt des violences.

L'opposition a qualifié cette mission d'"échec" et appelé l'ONU à intervenir, estimant que la politique "molle" de la Ligue arabe à l'égard du régime avait conduit "à une hausse des morts dans la répression".

"Nous soutenons la Ligue arabe qui a envoyé des observateurs en Syrie mais cette mission n'est pas aujourd'hui en mesure de faire son travail correctement", a estimé vendredi le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé.

Le Comité ministériel arabe chargé du dossier syrien doit se réunir dimanche au Caire pour entendre le rapport du chef des observateurs.

L'organisation Amnesty International (AI) a souhaité dans un communiqué que ce rapport soit l'occasion de montrer clairement les "graves violations des droits de l'Homme" qui se poursuivent en Syrie.

Selon AI, au moins 134 civils ont été tués depuis le début de la mission des observateurs le 26 décembre, "mais le nombre réel pourrait être considérablement plus élevé".

Vendredi, des dizaines de milliers de manifestants ont défilé dans de nombreuses villes de Syrie pour réclamer une "internationalisation" de la crise par le biais d'une intervention de l'ONU, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) et les Comités locaux de coordination (LCC).

Quelque 50.000 personnes ont ainsi manifesté à Douma, près de Damas. Des manifestants ont aussi défilé à Idleb (nord-ouest), Hama (centre), Lattaquié (nord-ouest), Alep (nord), Deir Ezzor (est), Deraa (sud) et dans la ville voisine de Sanameine, selon l'OSDH.

Six civils ont été tués par balles quand l'armée a tiré pour disperser des manifestations à Hama, et huit autres ont péri dans la province de Damas. A Homs (centre), deux civils ont été tués alors qu'un troisième a péri à Rastane, dans la même province, où trois déserteurs ont également été tués, selon l'OSDH.

Selon une estimation de l'ONU au début décembre, la répression en Syrie a fait au moins 5.000 morts depuis le début de la révolte à la mi-mars.

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