SYRIE

La Ligue arabe se penche sur l'avenir de sa mission d'observation en Syrie

Un comité de la Ligue arabe doit entendre le premier rapport du chef de la mission d'observation en Syrie. Depuis le 26 décembre, les observateurs sont censés veiller à l'application d'un plan de sortie de crise prévoyant l'arrêt des violences.

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En proie à de vives critiques, la mission des observateurs de la Ligue arabe en Syrie doit-elle se poursuivre ? C’est une des questions auxquelles va devoir répondre les ministres des Affaires étrangères de la Ligue, réunis cet après-midi au Caire (Égypte), après la présentation du rapport préliminaire du chef des observateurs.

Depuis le 26 décembre, une cinquantaine d’inspecteurs de la Ligue arabe ont été déployés en Syrie. Leur mission : vérifier si Damas respecte sa promesse de mettre fin à la répression, de retirer les forces armées des villes et de libérer les prisonniers politiques.

Mais depuis le début de la mission, l'armée syrienne n'a pas quitté les villes et les tueries n'ont pas cessé. Le vendredi 6 janvier, un attentat-suicide a fait 26 morts et 63 blessés à Damas, selon le ministère syrien de l'Intérieur. Le lendemain, les forces de sécurité ont tué quatre civils à Homs, tandis que trois personnes ont succombé à Harasta à des blessures reçues vendredi, rapporte l'Observatoire syrien des droits de l'Homme.

"Des erreurs"

Face à ces violences, l’opposition syrienne n’a pas tardé à qualifier la mission des observateurs d'"échec" invoquant leur "manque de professionnalisme" tout en dénonçant la politique "molle" de la Ligue qui conduit "à une hausse des morts dans la répression". "Certains des inspecteurs de la Ligue arabe font leur travail mais les morts continuent, les arrestations et la torture aussi. Le peuple syrien n’est pas protégé, reproche un opposant syrien interrogé par FRANCE 24. C’est pourquoi on demande une coopération de la Ligue arabe avec les Nations unies et le Conseil de sécurité."

La communauté internationale est également montée au créneau. Si Paris a déclaré que la mission arabe n’est "pas en mesure de faire son travail correctement", Washington a pour sa part indiqué qu'il était "grand temps" que l'ONU agisse.

L’efficacité de la mission ne fait pas l’unanimité même au sein de la Ligue arabe. Le cheikh Hamad ben Djassim al-Sani, Premier ministre du Qatar, et président du groupe de travail sur la Syrie, a reconnu des "erreurs" commises, selon lui, par les observateurs. "C'est la première fois que la Ligue arabe envoie des observateurs et il y a certaines erreurs", a-t-il déclaré en proposant "une aide technique des Nations unies" pour former les inspecteurs.

Sur la chaîne d'information Al-Jazira, il a même affirmé qu'il ne servait à rien de rester "perdre son temps" en Syrie dans la mesure où Damas ne respectait pas ses engagements.

"Aucun retrait à l’ordre du jour"

En dépit de ces multiples reproches, le comité ministériel de la Ligue arabe devrait apporter son soutien à une poursuite de la mission des observateurs. Le secrétaire général adjoint de la Ligue arabe, Adnane Issa, a assuré cette semaine à l'AFP qu'"aucun projet de retrait des observateurs n'était à l'ordre du jour de la réunion du comité ministériel".

De son côté, le secrétaire général de la Ligue, Nabil Elarabi, a déclaré, vendredi, avoir adressé un message à Khaled Mechaal, chef du bureau politique du mouvement palestinien Hamas, en exil à Damas, dans lequel il lui demandait d'intercéder auprès des autorités syriennes pour que cessent les violences.

Depuis plus de neuf mois, la répression menée par le régime de Bachar al-Assad a fait plus de 5 000 morts, selon les chiffres de l'ONU datés de décembre.

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