IRAN

Un Américain condamné à mort en Iran pour espionnage

L'ex-Marine Amir Mirzai Hekmati, un Américain d'origine iranienne, a été condamné à mort en Iran pour espionnage et collaboration avec un pays hostile. Cette sentence intervient alors que les tensions entre Washington et Téhéran se ravivent.

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AFP - La justice iranienne a condamné un Américano-iranien à mort pour espionnage et collaboration avec un pays hostile, en pleine tension entre Téhéran et Washington après les menaces iraniennes de fermer le détroit stratégique d'Ormuz.

Ancien Marine de 28 ans né aux Etats-Unis d'une famille iranienne, Amir Mirzaï Hekmati a été "reconnu coupable de collaboration avec un pays hostile et espionnage pour la CIA" et condamné à mort par le tribunal révolutionnaire de Téhéran, a annoncé l'agence iranienne Fars.

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Le jeune homme a également été reconnu coupable "de tentative d'accuser l'Iran d'être impliqué dans le terrorisme", ajoute Fars. Et le juge du tribunal révolutionnaire de Téhéran, Abdolghassem Salavati, l'a déclaré "moharab (en guerre contre Dieu) et corrompu sur terre".

Le parquet général a annoncé que le verdict avait été transmis à l'avocat de la défense, et que celui-ci pourrait faire appel, a rapporté l'agence Isna.

Cette affaire risque d'aloudir le climat déjà tendu entre l'Iran et les Etats-Unis, après les nouvelles sanctions contre le programme nucléaire iranien et les menaces de Téhéran de fermer le détroit d'Ormuz, un canal stratégique pour le trafic maritime pétrolier mondial, si les pays occidentaux imposaient des sanctions contre les exportations pétrolières iraniennes.

Le ministre américain de la Défense, Leon Panetta, a prévenu que les Etats-Unis répondraient par la force si l'Iran cherchait à bloquer le détroit d'Ormuz, évoquant une "ligne rouge" à ne pas franchir. Mais il a dans le même temps affirmé que l'Iran essayait seulement "de développer une capacité nucléaire", pas de se doter de l'arme atomique.

Mi-décembre, la télévision d'Etat avait diffusé des images dans lesquelles on voyait M. Hekmati avouer avoir eu pour "mission" d'infiltrer le ministère iranien du Renseignement pour le compte de la CIA.

Les Etats-Unis ont rejeté ces accusations et appelé l'Iran à libérer M. Hekmatin, précisant que des diplomates suisses, qui représentent les intérêts américains à Téhéran en l'absence d'ambassade, avaient demandé à le voir samedi, mais que cela leur avait été refusé.

Lors du procès le 27 décembre, le parquet avait requis la peine maximale, estimant que les aveux de M. Hekmati montraient "clairement" qu'il avait coopéré avec la CIA et "agi contre la sécurité nationale" iranienne.

Sur les images de ses aveux, dont les conditions restaient inconnues, le jeune homme, rasé de près, parlait couramment farsi ainsi qu'anglais avec un accent américain.

"J'ai eu un premier entretien avec la CIA en 2009", racontait le jeune homme, évoquant ensuite cinq mois de formation puis neuf mois en Irak.

Ensuite, la CIA "m'a dit de transmettre des informations à l'Iran et de me faire payer", a-t-il expliqué, en précisant que les agents américains lui avaient promis 500.000 dollars pour cette mission et donné comme consigne de se présenter comme un "soldat américain mécontent de la politique des Etats-Unis".

Le jeune homme, identifié par les services de renseignement iraniens pendant une période de formation en Afghanistan, a été arrêté dès son entrée en Iran, avaient expliqué les autorités sans préciser la date ni les circonstances de cette arrestation.

Téhéran annonce régulièrement l'arrestation d'"espions" ou de "saboteurs" travaillant pour les Etats-Unis ou Israël. Dimanche, le ministre des Renseignement, Heydar Moslehi, a annoncé l'arrestation de plusieurs "espions" chargés par les Etats-Unis de perturber les élections législatives du 2 mars.

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