RD CONGO

L'Église souhaite que la Commission électorale congolaise "corrige ses erreurs"

Les autorités catholiques de la RD Congo ont enjoint la Commission électorale de "corriger impérativement les graves erreurs" relevées lors de l'élection présidentielle à un tour remporté par le chef de l'État sortant, Joseph Kabila.

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AFP - L'église catholique en République démocratique du Congo a demandé jeudi à la Commission électorale (Céni) de "corriger impérativement les graves erreurs" relevées lors des élections présidentielle et législatives de la fin 2011 ou "sinon de démissionner".

La Céni doit "avoir le courage de se remettre en question, de corriger impérativement les graves erreurs fustigées (lors du processus électoral) qui ont entamé la confiance de la population en cette institution, sinon de démissionner", écrit la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) dans un message publié à l'issue d'une assemblée plénière extraordinaire consacrée à l'analyse du rapport final de sa mission d'observation des élections du 28 novembre dernier.

Il ressort de ce rapport "et des témoignages recueillis de divers diocèses et d’autres sources que le processus électoral s’est déroulé, à beaucoup d’endroits, dans un climat chaotique", écrit la Cenco dans un message aux "fidèles catholiques et à l'ensemble du peuple congolais", intitulé "Le courage de la vérité".

"L’on a noté plusieurs défaillances, des cas de tricheries avérées et vraisemblablement planifiées, de nombreux incidents malheureux entraînant mort d’homme, des cafouillages, et, à certains endroits, un climat de terreur entretenu et exploité à dessein pour bourrer les urnes", est-il ajouté.

"Ce n’est pas tout. Ce qui se passe présentement au niveau de la compilation des résultats des élections législatives est inacceptable. C’est une honte pour notre pays", juge la Conférence épiscopale, alors que la Céni a repoussé jeudi de quelques jours la publication des résultats provisoires complets de ce scrutin, initialement prévue ce vendredi.

L'élection présidentielle a un tour a été remportée par le chef de l'Etat sortant Joseph Kabila. Il a devancé l'opposant Etienne Tshisekedi qui s'est autoproclamé "président élu" après avoir dénoncé de nombreuses irrégularités, constatées également par plusieurs pays et observateurs nationaux et internationaux.

"Nous estimons que le processus électoral a été entaché de graves irrégularités qui remettent en question la crédibilité des résultats publiés. Nous demandons aux organisateurs d’avoir le courage et l’honnêteté de tirer les conséquences qui s’imposent", poursuivent les évêques, qui ne demandent toutefois pas l'annulation des scrutins, comme l'avaient réclamé certains candidats battus à la présidentielle.

"L’on ne construit pas un Etat de droit dans une culture de tricherie, de mensonge et de terreur, de militarisation et d’atteinte flagrante à la liberté d’expression. Si la démocratie est un pouvoir du peuple par le peuple et pour le peuple, l’on doit respecter ce peuple", ajoutent-ils.

"Si l’on prend le risque de continuer à gouverner le pays par défi, les tensions intérieures plus ou moins maîtrisées à court terme culmineraient, tôt ou tard, dans une crise grave et difficile à dénouer", s'inquiètent les évêques en prônant la "voie du dialogue".

Ils recommandent au gouvernement "de tirer des leçons de cette débâcle électorale, de prévoir les moyens pour les élections à venir et de les libérer à temps pour un meilleur déroulement; d’arrêter de puiser dans le trésor public pour des intérêts personnels et de prendre conscience que le peuple veut le changement".

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