NIGERIA

La police met en garde les manifestants

Les opposants au régime nigérian seront désormais poursuivis pour "trahison", a averti la police. La fin des grèves générales a été annoncée, mais des manifestants continuaient, lundi à Lagos, de protester contre des mesures jugées "insuffisantes".

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AFP- La police nigériane a averti lundi que tout manifestant serait arrêté et ceux appelant à un "changement de régime" seraient poursuivis pour trahison, quelques heures après la suspension de la grève générale lancée il y huit jours pour protester contre la hausse des prix des carburants.

"Dorénavant, toute personne continuant à protester ou à manifester dans les rues de ce pays sera arrêtée et déférée immédiatement au tribunal", indique la police dans un communiqué.

Le texte précise également que "tout individu ou groupe d'individus appelant à un changement de régime avant la fin de la présente législature commet une trahison et sera arrêté et poursuivi en justice, peu importe qui il ou elle est."

Des leaders de l'opposition et des défenseurs des droits avaient mené pendant la grève d'importantes manifestations et certains protestataires avaient appelé à la démission le gouvernement du président Goodluck Jonathan.

Les syndicats ont annoncé lundi la suspension de la grève générale qui a paralysé le Nigeria pendant huit jours peu après une concession du pouvoir, une baisse du nouveau prix de l'essence d'environ 30%, et une intervention massive des forces de sécurité.

A Lagos, la métropole économique, quelque 300 manifestants ont de nouveau protesté dans la rue lundi après cette annonce, jugeant insuffisante la baisse du prix annoncée par le président Jonathan.

Les syndicats du Nigeria, premier producteur de pétrole d'Afrique, avaient lancé une grève générale le 9 janvier pour dénoncer la fin subite au 1er janvier des subventions aux carburants qui avaient entraîné le doublement du prix de l'essence à la pompe, passé de 65 nairas le litre (0,40 dollar, 0,30 euro) à 140 nairas ou plus du jour au lendemain.

Le gouvernement a expliqué que l'arrêt des subventions aux carburants, quelque 8 milliards de dollars par an, permettra de financer la modernisation des infrastructures du pays. Mais le doublement du prix de l'essence frappe durement les 160 millions d'habitants dont la majorité vit avec moins de deux dollars par jour.
 

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