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Viktor Orban défend les valeurs chrétiennes et critique l'Allemagne

Le Premier ministre hongrois s'est présenté en défenseur de la chrétienté pour justifier les dérives autoritaires dont l'accuse le Parlement européen. Il a dénoncé une "offensive politique" contre la Hongrie et s'en est pris à l'Allemagne .

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AFP - Le Premier ministre hongrois Viktor Orban s'est posé mercredi en défenseur des valeurs chrétiennes de l'Europe, face aux accusations de dérive autoritaire, et a critiqué l'attitude de l'Allemagne dans la crise de la zone euro.

"Nous avons des sentiments chrétiens, nous pensons que le sentiment de faire partie d'une Nation est important et que la famille est importante", a déclaré M. Orban au cours d'un débat souvent houleux au Parlement européen où il était allé s'expliquer sur des textes de loi controversés dans son pays.

Il a ajouté constater que ces principes n'étaient "pas soutenus dans cette maison", à en juger les critiques essuyées au fil du débat.

Le chef du gouvernement fait l'objet de critiques pour avoir modifié la Constitution hongroise afin notamment d'y souligner l'importance de la religion avec une référence explicite à "Dieu" et de supprimer la mention "République de Hongrie" au profit de "Hongrie". Ses détracteurs y ont vu un tournant nationaliste.

"Peut-être sommes-nous en minorité avec cette position en Europe, mais nous avons la liberté de la représenter", a-t-il dit. Il a aussi dénoncé une "offensive politique contre la Hongrie" et dans le domaine financier, venue de l'extérieur, à un moment où le pays est en grande difficulté et demande des prêts internationaux.

A ce sujet, il a prévenu qu'il était seulement demandeur d'"aides de précaution" et n'entendait pas se laisser dicter sa conduite, contrairement à ce qui se passe à ses yeux pour la Grèce.

"Si le FMI veut nous accorder des prêts très bien, nous en serons très satisfaits", a-t-il dit au cours d'une conférence de presse, organisée après son intervention devant les eurodéputés.

"Mais une situation comme en Grèce où les Allemands disent qu'ils n'accorderont pas de prêts si les Grecs ne font pas ce qu'ils veulent, moi je ne veux pas donner cette idée" de la Hongrie, a-t-il dit.

"Nous ne voulons pas de l'argent de l'Allemagne, de l'Union européenne", a-t-il poursuivi, après avoir pourtant sollicité un prêt des Européens.

La Commission européenne menace de poursuivre le gouvernement hongrois en justice s'il ne modifie pas rapidement trois textes de loi menaçant en particulier l'indépendance des juges et de la banque centrale du pays. Et elle lie tout prêt à ces changements.

M. Orban a dit être prêt à des concessions. Mais il est resté ferme sur un point : il refuse de revenir sur une disposition de sa nouvelle Constitution qui oblige les membres de la banque centrale hongroise à prêter serment au pays. Bruxelles y voit un risque de main-mise du pouvoir politique sur l'institut monétaire.

"Il est normal pour les fonctionnaires de prêter serment", a estimé M. Orban.

La sortie du chef du gouvernement sur les valeurs chrétiennes a suscité une levée de boucliers à gauche.

Le président du Parlement européen, le social-démocrate Martin Schulz, est sorti de la réserve à laquelle son rôle l'oblige en principe. "Je suis aussi catholique", mais "soit l'Europe est pluraliste soit ce sera un échec", a-t-il dit.

"Un Etat moderne ne peut pas se fonder sur une seule religion", a aussi estimé le chef de file des élus écologistes, Daniel Cohn-Bendit.

 

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