PRIMAIRES RÉPUBLICAINES

En Caroline du Sud, la primaire républicaine tourne au match Romney-Gingrich

Les candidats républicains se sont âprement affrontés lors du débat télévisé organisé à deux jours de la primaire en Caroline du Sud. De plus en plus acculé, Mitt Romney voit l'écart qui le sépare de Newt Gingrich se réduire comme peau de chagrin.

Publicité

REUTERS - Les candidats à l’investiture républicaine pour l’élection présidentielle américaine ont joué leur va-tout jeudi soir lors d’un débat télévisé organisé à deux jours de la primaire en Caroline du Sud qui pourrait désigner l’adversaire du président Barack Obama lors du scrutin du 6 novembre.

PRÉSIDENTIELLE AMÉRICAINE

A l’issue d’une journée marquée par un double rebondissement, l’ex-président de la Chambre des représentants New Gingrich et l’ancien sénateur Rick Santorum avaient l’occasion de réduire l’écart avec Mitt Romney, qui faisait jusqu’à présent figure de favori dans la course à la Maison blanche.

L’annonce jeudi du retrait du gouverneur du Texas Rick Perry et de son soutien à Newt Gingrich, conjuguée à la victoire aux caucus de l’Iowa finalement attribuée à Santorum aux dépens de Romney, a en effet rebattu les cartes à dix mois de l’élection présidentielle.

Au soir des caucus de l’Iowa, Romney, ancien gouverneur du Massachusetts, avait été annoncé vainqueur avec huit voix d’avance mais c’est finalement Rick Santorum, catholique ultra conservateur, qui a été proclamé vainqueur du scrutin du 3 janvier avec 34 voix d’avance.

Lors du débat, Newt Gingrich, qui espère un ralliement de l’électorat évangélique conservateur, a vivement démenti avoir demandé à sa deuxième femme de former "un couple libre".

"Je suis écoeuré de vous voir ouvrir un débat présidentiel avec un tel sujet", a-t-il lancé à John King le modérateur du débat organisé à Charleston et diffusé sur CNN. 

Marianne, deuxième des trois épouses de Newt Gingrich, a déclaré à la chaîne de télévision ABC que son ex-mari lui avait demandé à la fin des années 1990 de tolérer une aventure qu’il avait avec son assistante parlementaire Callista Bisek, devenue depuis sa troisième épouse.

"Je suis fatigué de ces médias élitistes qui protègent Barack Obama", a déclaré Gingrich, déplorant la couverture médiatique qui a accompagné le témoignage de son ex-femme.

Feuille d’impôts

Tentant de prendre en défaut Mitt Romney, accusé de manquer de transparence sur sa fortune, Gingrich a publié ses déclarations de revenus sur son site internet. Lui et sa femme ont déclaré 995.000 dollars sur 3,1 millions de dollars de revenus déclarés pour l’année 2010.

"S’il y a quelque chose (dans les feuilles d’impôts de Romney) qui peut nous faire perdre l’élection, nous devons le savoir avant la nomination. S’il n’y a rien à cacher, pourquoi ne pas le publier ?", s’est-il interrogé.

"Je publierai mes déclarations de revenus en avril, et probablement celles des autres années", a répété Romney, milliardaire, qui a accepté lundi soir, sous la pression des prétendants républicains, de rendre publique au printemps sa feuille d’impôts.

L’avance dont dispose Romney sur Gingrich a fondu et s’est réduite à dix points, contre 19 il y a quinze jours, en Caroline du Sud, selon un sondage diffusé mercredi par la chaîne CNN.

Mais fort de sa victoire dans le New Hampshire le 10 janvier et sa "presque victoire" dans l’Iowa le 3 janvier, Romney reste le grand favori de ces primaires et a assuré qu’il n’allait pas "s’excuser d’avoir réussi" alors que certains responsables démocrates estiment que sa richesse l’a coupé du sens des réalités.

Santorum, qui a appris jeudi sa victoire aux caucus de l’Iowa, s’est pour sa part livré à une critique en règle du mandat de Newt Gingrich à la Chambre des représentants, critiquant le caractère versatile de son rival.
 

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine