FORUM ECONOMIQUE MONDIAL

Angela Merkel: "L'Allemagne ne prendra pas d'engagement qu'elle ne tiendra pas"

Au Forum économique mondial, à Davos, Angela Merkel s'est dite prête à faire preuve de solidarité et à défendre l'euro. Mais la chancelière allemande a insisté sur la nécessité de lutter contre les "origines de la crise".

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AFP - L'Allemagne ne veut pas prendre d'engagement qu'elle ne tiendra pas pour résoudre la crise de la dette en Europe, mais est prête à faire preuve de solidarité et à défendre l'euro, a déclaré mercredi à Davos (est) la chancelière allemande Angela Merkel.

"Nous ne disons pas que nous ne voulons pas de cette solidarité, mais nous ne voulons pas prendre un engagement que nous ne pourrions pas tenir", a-t-elle déclaré devant un parterre d'hommes d'affaires et de responsables politiques, rassemblés à l'occasion du 42e Forum économique mondial (WEF). "Nous avons toujours défendu l'euro", a rappelé la chancelière allemande mais "l'Europe perdra sa crédibilité" si l'Allemagne ne tenait pas ses promesses.

Evoquant les "pare-feux" financiers que l'Europe cherche à mettre en place et à renforcer, Mme Merkel a confirmé qu'elle jugeait les montants actuels suffisants pour faire face à la crise.

Le fonds de secours actuel, le FESF, dispose de quelque 250 milliards d'euros, et son successeur qui, lui, sera un mécanisme permanent, le MES, disposera de quelque 500 milliards d'euros. "Les gens disent que ce n'est pas suffisant, certains disent qu'il faut le double, d'autres le triple, et alors seulement on croira à votre solidarité", a expliqué la chancelière allemande. Mais "je me demande si c'est encore crédible", a-t-elle expliqué.

Elle n'a toutefois dit mot sur la coexistence des deux fonds, au moins jusqu'en juillet 2013, ce qui permettrait d'augmenter la force de frappe de ces "pare-feux", comme le suggère plusieurs pays et le Fonds monétaire international (FMI).

Mme Merkel a déjà affirmé, dans un entretien avec six journaux européens, qu'il était "absurde de promettre plus d'argent si nous ne luttons pas contre les origines de la crise".

En outre "nous, les Allemands, devons aussi faire attention si nous ne voulons pas, un jour, être à bout de force --nos possibilités à nous ne sont pas illimitées-- ce qui ne serait pas dans l'intérêt de l'Europe dans son ensemble", a-t-elle rappelé dans cet entretien.
 

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