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ÉTATS-UNIS

Les réformes fiscales au cœur du discours de Barack Obama sur l'état de l'Union

Texte par : Dépêche
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4 mn

À neuf mois de la présidentielle, le président Barack Obama a prôné l'équité fiscale lors du traditionnel discours sur l'état de l'Union, mardi devant le Congrès. Il propose notamment de taxer les très hauts revenus à hauteur de 30%.

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AFP - La stratégie de campagne de Barack Obama est désormais claire à neuf mois de l'élection présidentielle mais il lui reste à convaincre les Américains que son idée de taxer les plus riches suffira à redresser l'économie du pays.

En s'adressant mardi soir au deux chambres du Congrès pour ce qui pourrait être son dernier discours sur l'état de l'Union, Barack Obama a dévoilé des thèmes de campagne aux antipodes de son message consensuel de 2008.

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En proposant que les millionnaires paient au minimum 30% de leurs revenus à l'Etat, il a clairement mis au défi ses adversaires républicains de se prononcer contre cette proposition avec le risque d'apparaître comme uniquement préoccupés par les plus fortunés.

Pour le politologue Michael Traugott, de l'Université du Michigan, cette stratégie pourrait bien avoir donné d'emblée la haute main dans le débat au président sortant, candidat à sa réélection le 6 novembre.

"Tout le discours a été placé sous le signe des valeurs", a relevé l'analyste, estimant que la notion de justice fiscale pourrait bien séduire les électeurs.

D'autant qu'elle survient en pleine polémique autour de l'un des principaux candidats républicains à la présidentielle, le multimillionnaire Mitt Romney, accusé d'avoir fait fortune à la tête d'un fonds d'investissement qui rachetait des entreprises en difficulté avant de licencier les salariés et de revendre les actifs au prix fort.

Après de longues tergiversations, M. Romney s'est enfin décidé mardi à publier ses feuilles d'impôts, faisant apparaître un taux d'imposition de 15% seulement, alors que le taux maximum pour les salariés grimpe jusqu'à 35%.

Si Barack Obama avait su en 2008 déceler le désir de changement de ses compatriotes après les divisions de l'ère Bush, sa réélection en 2012 dépendra largement de la question de savoir s'il a une nouvelle fois perçu correctement l'atmosphère ambiante.

Costas Panagopoulos, expert en campagnes électorales à l'Université Fordham, estime toutefois qu'il devra enfoncer le clou bien davantage qu'il ne l'a fait devant le Congrès.

"Je pense que le président peut convaincre, mais il doit se rapprocher des Américains et je ne pense pas qu'il y soit parvenu dans son discours", a-t-il observé.

Surtout, la conjoncture reste adverse au président sortant, avec un taux de chômage de 8,6%, historiquement très élevé pour les Etats-Unis.

Pour preuve, seuls 13% des électeurs interrogés par l'institut Gallup dans une enquête rendue publique lundi se sont dits satisfaits de l'état de l'économie. Selon un sondage CBS/New York Times de la semaine dernière, seuls 40% des sondés étaient satifaits de la politique économique du président.

Au final, la cote de Barack Obama ne dépassait pas 44% dans le sondage de lundi, très en-deça du minimum nécessaire normalement à la réélection d'un président (50%), selon les historiques des politologues.

Mais la popularité du Congrès, dont l'une des chambres est dominée par les républicains, est nettement plus faible: selon le sondage CBS/New York Times, elle atteignait la semaine dernière tout juste 13%.

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