INTERNET

En Afrique, Twitter abolit les frontières

La première carte de l'Afrique utilisant Twitter vient d’être publiée. Principales conclusions : l’Afrique du Sud est le pays le plus "twittophile" et les Africains s’en servent surtout pour converser avec leurs voisins du continent.

Publicité

Du Cap au Caire, les réseaux sociaux, et plus spécifiquement Twitter, gagnent du terrain. La première carte de l’Afrique à l’heure du célèbre réseau de microblogging vient d’être publiée par Portland, une agence britannique spécialisée dans les réseaux de communication sur le continent africain.

“L’année dernière, nous avions été choqués de voir que, dans le classement des utilisateurs de Twitter les plus influents, il n’y avait aucun Africain et que le rapport américain qui l'analysait faisait comme si l’Afrique n’existait pas, se rappelle Robert Watkinson, directeur adjoint de Portland, contacté par FRANCE 24. Nous voulions montrer que l’Afrique n’était pas absente de la révolution Twitter”, poursuit-il.

Après avoir analysé 11,5 millions de gazouillis envoyés durant les trois derniers mois de 2011, le rapport, publié en début de cette semaine, permet d’établir une géographie précise des utilisateurs africains du célèbre réseau de microblogging. Sans surprise, la riche Afrique du Sud se révèle être le pays le plus accro aux 140 caractères avec près de la moitié de tous les messages analysés. “Ce qui est satisfaisant, c’est qu’il n’y a pas de pays où Twitter est totalement absent”, remarque Robert Watkinson.

CLIQUER L'IMAGE POUR L'AGRANDIR

Maturité 2.0

La carte de l'utilisation de Twitter en Afrique ne suit pas pour autant le classement des pays les plus riches du continent. Ainsi le Kenya, 13e puissance économique africaine, arrive bon deuxième devant le Nigeria et l’Égypte, deux pays pourtant plus riches, plus peuplés et avec une actualité récente plus chargée. Un engouement qui s'expliquerait, à en croire le directeur adjoint de Portland, par l'utilisation soutenue au Kenya de téléphones portables connectés à Internet et, par conséquent, à Twitter.

Les auteurs du rapport se sont également penchés sur la sociologie de l’utilisateur de Twitter en analysant les 500 Africains les plus actifs sur ce réseau. Il ressort de leur étude que le gazouilli “made in Africa”, principalement le fait de jeunes de moins de 30 ans, sert avant tout à abolir les frontières entre les pays. “Twitter leur permet de communiquer entre amis et aussi d’établir des contacts avec des habitants d’autres pays africains”, explique Robert Watkinson.

Une utilisation qui renvoie à l’origine de ce réseau social : un moyen facile de communication. “Il est clair qu'en Afrique nous sommes encore dans une période de découverte de Twitter”, analyse le chercheur britannique, qui s’attend à ce que, dans les mois à venir, les Africains gagnent en “maturité” 2.0. “Comme dans les pays occidentaux, les responsables politiques et économiques vont utiliser l'outil Twitter.”

Après cette première cartographie de l’Afrique “twitterienne”, Portland entend bien renouveler l’expérience tous les ans. Et ainsi rappeler au monde que les Africains n’ont pas raté le train Twitter.

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine