PRÉSIDENTIELLE SÉNÉGALAISE

Le Conseil constitutionnel statue sur la candidature de Wade, l'opposition fulmine

Alors que le Conseil constitutionnel doit publier ce vendredi la liste des candidats retenus pour la présidentielle, l'opposition appelle à une manifestation - tolérée par Dakar - contre la candidature du président sortant Abdoulaye Wade.

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Le Sénégal tout entier est suspendu à la décision du Conseil constitutionnel, qui doit indiquer ce vendredi si le président sortant, Abdoulaye Wade, est autorisé à se représenter.

Une question de droit constitutionnel qui divise profondément le pays, à un mois du premier tour du scrutin présidentiel, qui se tiendra le 26 février. Selon l’article 27 de la Constitution sénégalaise, un président ne peut briguer plus de deux mandats. Élu en 2000, en 2007, puis à nouveau candidat en 2012, l’actuel chef de l’État, aujourd’hui âgé de 85 ans, estime cependant que sa troisième candidature est recevable, au prétexte que la réforme constitutionnelle prévoyant la limitation à deux mandats a été instaurée en 2008.

L'opposition manifeste à quelques heures de la décision du Conseil constitutionnel

Des centaines de Sénégalais opposés à la candidature d'Abdoulaye Wade ont commencé à se rassembler à Dakar. Organisée par le Mouvement du 23 juin (M23), la manifestation avait initialement été interdite par le gouvernement, qui a finalement décidé de la "tolérer".

"Depuis que l'article 27, instituant le septennat, a été adopté en 2008, il n'y a pas eu d'élection. Mon premier mandat sous l'empire de ce nouveau texte est celui qui démarre en 2012. Je peux même légalement me présenter pour une autre fois en 2019", a déclaré jeudi le président Wade au site internet Dakaractu.

"Une déclaration perçue comme une provocation par l’opposition et qui a encore exacerbé les tensions dans le pays", rapporte la correspondante de FRANCE 24 à Dakar, Tatiana Mossot.

Le Mouvement du 23 juin (M23), qui regroupe les partis d’opposition, soupçonne par ailleurs les cinq "sages" du Conseil constitutionnel d’être favorable au chef de l’État, avant même que ceux-ci aient rendu leur verdict. "Des figures de l’opposition ont menacé de boycotter le scrutin présidentiel si la candidature d’Abdoulaye Wade est validée par le Conseil constitutionnel, mais on n’en est pas encore là", tempère Tatiana Mossot.

L’opposition veut mobiliser dans la rue

Pour dénoncer ce qu’il estime être une candidature anticonstitutionnelle, le M23 a appelé à une grande journée de mobilisation ce vendredi.

Initialement interdite par les autorités, la manifestation a finalement été autorisée à la dernière minute. Un revirement qui sonne comme une victoire pour le M23. "Il semblerait que Alioune Tine, le coordinateur national du mouvement M23, ait passé la journée d’hier à négocier avec le ministre de l’Intérieur" avance Tatiana Mossot pour expliquer ce revirement des autorités. "On parle également d’une médiation de l’UE (Union européenne) pour que la manifestation ait lieu", précise-t-elle.

L'union européenne a par ailleurs lancé jeudi sa mission d'observation de la présidentielle. Une équipe de 90 personnes a été dépêchée sur place pour superviser le scrutin. Considéré comme un exemple de démocratie en Afrique, la Sénégal n'avait jamais accueilli une mission de cette importance, preuve de la tension qui règne aujourd’hui dans le pays. "Le vendredi de tous les dangers", selon le journal privé "Sud Quotidien", tandis que le journal public "Le soleil" titrait lui ce matin sur l’élimination de la Coupe d’Afrique des nations de l’équipe nationale de football. 

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