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L’ASL peine à s’accorder sur son implication dans les attentats d'Alep

Ryad al-Assad, à la tête de l'Armée syrienne libre (ASL), a démenti sur FRANCE 24 toute implication de ses forces dans les attaques d'Alep de vendredi, après qu'un autre gradé de l'ASL, le colonel Aref Hamoud, les a revendiquées ce matin.

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L’Armée syrienne libre (ASL) a démenti vendredi 10 février toute implication dans le double attentat perpétré à Alep, la ville la plus peuplée de Syrie, contre deux bâtiments officiels - une antenne des services de renseignement militaires et une base des forces de sécurité.

Interrogé sur France 24, le chef de l’ASL, Ryad al-Assad, a nié avoir mené des assauts susceptibles de toucher la population. "Notre stratégie n’est pas de mener des attaques dans des villes, mais plutôt de cibler des objectifs militaires précis", a-t-il expliqué. Avant

de livrer sa version des faits : "Il y a bien eu des accrochages entre nos soldats et les forces de sécurité du régime, aujourd’hui à Alep, autour de ces bâtiments de sécurité. Mais nous avons effectué un retrait de nos troupes avant les explosions." Selon lui, ces attentats sont une mise en scène de Damas. "Le régime est derrière toutes ces violences, il cherche sûrement à couvrir ses massacres à Homs, à détourner l’attention", ajoute-t-il.

Une version démentie par le régime qui - via la télévision nationale - parle "d’actes terroristes" menés par des "gangs" accusés de semer la terreur depuis le début de la révolte populaire en mars 2011. "Un terroriste s’est fait exploser avec sa voiture à 100 mètres du portail du siège des forces de l’ordre", affirme-t-on dans le journal télévisé syrien, tout en diffusant des images de corps jonchant le sol et de secouristes ramassant des membres humains.

Au moins 25 personnes ont été tuées et 175 autres blessées lors de cette double attaque, à l’heure où les chars de l’armée pilonnent sans relâche, et depuis six jours, la ville de Homs - haut lieu de la contestation contre le régime.

Deux témoignages, deux versions

Un peu plus tôt dans la journée, un haut gradé de l’ASL, le colonel Aref Hamoud, lui aussi interrogé par France 24, tenait un discours bien différent de celui de Ryad al-Assad : "Ce ne sont pas de simples explosions qu’il y a eu ce matin, mais bien une attaque que nous avons organisée, nous, l’Armée syrienne libre

"Nous avons un message fort au régime : Nous pouvons frapper n'importe où" (Colonel Arif Hamoud)

", avait-il alors confié, revendiquant ainsi la responsabilité des attaques. "Il ne s’agissait pas de voiture piégée mais de nos bombes qui ont détruit ces bâtiments. Nous avons voulu envoyer un message fort au régime : nous pouvons frapper n’importe où."

Son témoignage en porte-à-faux de sa ligne officielle met l’ASL dans une situation délicate. "Ce colonel a commis des erreurs dans ses explications", a expliqué le chef de l'armée rebelle, tentant de se sortir de ce mauvais pas. "Aref Hamoud n’a pas été très précis, mais il parlait sûrement des accrochages qu’il y a eu avant les explosions."

Des explications peu convaincantes qui dénotent la jeunesse du mouvement, explique Antoine Basbous, directeur de l’Observatoire des pays arabes à Paris. "L’armée syrienne libre n’est pas encore très structurée. Il y a un manque de coordination évident entre ses différentes branches. Ces soldats se divisent en petites unités qui ne se parlent pas", développe-t-il, avant de conclure : "l’ASL est jeune et on ne construit pas une armée solide en quelques mois."

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