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La zone euro reporte sa décision sur le nouveau plan d'aide à Athènes

Les ministres européens des Finances ont décidé de reporter leur décision de débloquer un nouveau plan d'aide à la Grèce, crucial pour le pays, Athènes ne remplissant pas encore les conditions qui lui ont été fixées en vue de son obtention.

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AFP - La zone euro ne prendra pas de décision mercredi sur le déblocage d'une aide financière pour la Grèce bien que la menace d'un défaut de paiement se rapproche de jour en jour, Athènes n'ayant pas réussi à remplir dans les temps les conditions qui lui étaient imposées.
              

  • Santé : réduction des frais de dépense des médicaments et des heures supplémentaires pour les médecins hospitaliers
  • Salaire : réduction de 22% du salaire minimum, 32% pour le salaire minimum des jeunes de moins de 25 ans
  • Secteur militaire : coupe de 300 millions d’euros
  • Collectivités locales : suppression de 500 postes de maires, adjoints et autres personnels
  • Entreprises publiques : privatisation de parts publiques dans quatre entreprises
  • Fiscalité : augmentation des contrôles fiscaux

 

"Il semble que de nouveaux travaux techniques doivent encore être réalisés entre la Grèce et la troïka" qui rassemble les principaux bailleurs de fond du pays "dans plusieurs domaines", a expliqué mardi soir le chef de file des ministres des Finances de la zone euro, Jean-Claude Juncker.

"Dans ce contexte, j'ai décidé de convoquer les ministres à une conférence téléphonique demain" mercredi, en remplacement d'une réunion en bonne et due forme prévue à l'origine à Bruxelles, a-t-il ajouté dans un communiqué.

Athènes espérait pourtant s'assurer dès mercredi soir le déblocage d'une aide sans précédent de 230 milliards d'euros en deux volets, prévue en échange de mesures drastiques d'austérité et de réformes: 100 milliards d'euros d'effacement de dette par les banques et 130 milliards d'aide publique.

Le vote dimanche par le parlement grec du programme d'austérité exigé par ses créanciers publics avait levé un premier obstacle. Mais Athènes devait aussi trouver avant mercredi 325 millions d'euros d'économies supplémentaires dans son budget 2012 et les dirigeants des partis grecs au pouvoir devaient s'engager par écrit à mettre en oeuvre les réformes après les élections d'avril.

Or, après une réunion mardi de hauts fonctionnaires de la zone euro destinée à préparer l'Eurogroupe, "il apparaît qu'il reste du travail technique à accomplir entre la Grèce et la troïka dans un certain nombre de domaines, notamment pour combler le trou budgétaire de 325 millions d'euros en 2012 et concernant l'analyse de la soutenabilité de la dette", explique M. Juncker.

La troïka n'a en effet toujours pas remis aux ministres son analyse de la soutenabilité de la dette grecque, selon une source proche des négociations, qui explique que la discussion coince sur le niveau de participation de la Banque centrale européenne à l'opération d'allègement de la dette d'Athènes, pour compléter l'effort des créanciers privés.

Une autre source européenne a confirmé ce blocage, expliquant qu'il y avait "un désaccord" entre la BCE et la Commission sur le fait de savoir s'il faut conserver l'objectif d'un niveau d'endettement public grec ramené à 120% du PIB grec en 2020, contre 160% aujourd'hui, ou si l'on peut le laisser atteindre un niveau plus élevé, par exemple 125%.

Par ailleurs, "je n'ai pas reçu les garanties par écrit des chefs de la coalition au pouvoir en Grèce concernant la mise en place du programme d'austérité", a souligné M. Juncker.

Le porte-parole du gouvernement grec avait assuré dans la journée que l'engagement des partis prendrait la forme d'une lettre adressée à la zone euro "d'ici mercredi".

Le ministre néerlandais des Finances, Jan Kees de Jager, avait dans la journée de mardi douché les espoirs. Il avait parlé d'une "faible" probabilité que le plan de sauvetage de la Grèce soit approuvé "définitivement" mercredi. "Ils (au sein du gouvernement grec) doivent d'abord mieux faire leurs devoirs", avait-il déclaré.

La prochaine réunion de l'Eurogroupe, programmée de longue date, aura lieu lundi. Mais pour la Grèce, "si la décision n'arrive que lundi, ça va être très juste pour éviter le défaut de paiement en mars", a souligné la source proche des négociations interrogée.

"On commence à jouer avec les délais de façon dangereuse dans le cadre de l'échéance de mars", a renchéri la source européenne.

Pour éviter le défaut de paiement, Athènes doit absolument rembourser le 20 mars 14,5 milliards d'euros de créances, et le feu vert de ses partenaires au plan d'aide, qui représente un effort combiné supérieur à la richesse nationale annuelle produite par la Grèce (212 milliards d'euros attendus en 2012), ne doit pas intervenir trop tard.

L'opération d'échange de titres que doivent effectuer les créanciers privés pour effacer 50% de la dette grecque auprès d'eux prendra en effet plusieurs semaines.

Selon une source bancaire, pour une valeur initiale d'obligation de 100, ils devraient recevoir pour 35 d'obligations grecques et pour 15 d'obligations du Fonds de secours temporaire de la zone euro, le FESF, les 50 restants étant perdus. Les nouveaux titres grecs devraient être assortis d'un rendement d'environ 3,5% par an.

Quant au déblocage de l'aide publique, il dépendra notamment de "mesures préalables" que le gouvernement grec devra prendre d'ici mi-mars afin de donner "des gages de sa bonne volonté", selon les mots d'un diplomate.

Un défaut de paiement grec aurait "des conséquences dévastatrices", non seulement pour Athènes mais pour l'Europe entière, a mis en garde le commissaire européen aux Affaires économiques Olli Rehn.

Mais le ministre luxembourgeois des Finances, Luc Frieden, qui s'exprimait lundi soir à Washington, n'a pas hésité à laisser entendre que la Grèce pourrait être exclue de la zone euro si elle ne tenait pas ses promesses de réformes et de réduction du déficit budgétaire.

"S'ils ne font pas tout cela, je pense qu'alors nous devrons continuer avec 16 pays" dans l'Union monétaire, a-t-il dit. "S'ils ne le font pas, je pense qu'ils s'excluent eux-mêmes de la zone euro", a-t-il insisté.

Pendant ce temps, la situation des finances grecques ne fait que se dégrader: le PIB s'est contracté de 7% au quatrième trimestre 2011, et le budget de l'année en cours table sur une baisse du PIB de 5,5%, soit la cinquième année consécutive de récession.

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