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SÉNÉGAL

Face au dispositif policier, l'opposition peine à mobiliser à Dakar

Texte par : Dépêche
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4 mn

La police était déployée en force, ce jeudi soir, pour empêcher les jeunes du mouvement d’opposition "Y’en a marre" d’occuper la place de l’Obélisque, au centre de Dakar. Huit personnes ont été interpellées.

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AFP - Les jeunes Sénégalais du mouvement "Y'en a marre" voulaient organiser depuis mardi une "veillée" permanente sur une place publique de Dakar pour protester contre un nouveau mandat du président Abdoulaye Wade, opération à nouveau tentée jeudi, mais encore interdite.

Y'en a marre avait appelé au rassemblement à partir de 15H00 (locales et GMT) pour l'opération "Fanaan" ("veillée", en langue nationale wolof) Place de l'Obélisque, dans le quartier de Colobane (près du centre-ville), en dépit de l'interdiction du préfet de Dakar.

A l'heure dite, nul manifestant sur l'esplanade et ses environs, mais la police en grand nombre: il y a là un blindé, un canon à eau, plusieurs pick-up, des voitures banalisées, avec des hommes à bord et postés à pied, empêchant les passants de traverser la place.

Peu avant 16H30, un petit groupe de jeunes dirigés par Simon (prononcé à l'anglaise, "Saïmonn") et Kilifeu, deux rappeurs leaders de Y'en a marre, tentent un passage par une des rues parallèles proches. Des policiers interviennent, ils rebroussent chemin.

"Ils sont juste en train d'essayer de nous disperser. Mais on reste présent aux alentours de la Place de l'Obélisque en attendant d'avoir beaucoup plus de monde et de pouvoir" y aller, dit à l'AFP Simon.

Nouvelle tentative de passage par une rue perpendiculaire, nouveau blocage de la police, à laquelle les jeunes font face, mains en l'air ou derrière la tête, en criant "On est vos frères!", "On n'est pas armé"!.

Kilifeu tente de dialoguer avec un des chefs de la police. "C'est la énième fois qu'on nous interdit ici des manifestations. (...) On n'est pas venu pour perturber ou quoi que ce soit, on est juste venu pour nous mettre là", dit-il, pendant que dans le groupe, certains précisent: "Dans la paix, dans la paix!".

Soudain, le dialogue tourne court. La police lance des bombes lacrymogènes, le groupe se disperse. Les journalistes voient les policiers amener vers leur blindé Kilifeu et Simon, mains derrière la tête.

Pneus en feu

Plus tard, ils sortent du blindé en compagnie d'un troisième homme, tous ont des menottes aux mains. Ils sont conduits vers une destination inconnue par un 4x4.

En moins d'une heure, cinq autres personnes connaîtront le même sort, portant à huit le nombre des interpellations en présence d'une journaliste de l'AFP.

De temps à autre, un pick-up de policiers intervient pour disperser des jeunes qui ont allumé des pneus et jeté des pierres sur la chaussée, le canon à eau passe éteindre les feux.

Pneus en feu, cailloux et en certains endroits le contenu de poubelle sur les routes sont sporadiquement vus dans d'autres quartiers: Médina, Zone A, Sicap Bourguiba, Niary Tally... A la Zone B, chauffeurs de taxi et policiers jouent aux agents de nettoiement et débarrassent les routes des obstacles.

Vers 19H00, rien de changé Place de l'Obélisque. Un adulte en tunique blanche et chéchia rouge, sac-cabas à l'épaule, s'adresse à quelques journalistes. "Moi, je suis venu pour +Fanaan+. Où sont les jeunes?", dit-il, assurant être prêt à braver la police. Il erre un peu, traverse l'esplanade puis va se mettre devant une boutique, l'air déçu.

Avec "Fanaan", Y'en a marre entendait rester Place de l'Obélisque "le temps qu'il faudra pour que la candidature d'Abdoulaye Wade soit retirée", avait dit jeudi matin Aliou Sané, un de ses membres.

Ce mouvement juge inconstitutionnelle la candidature de M. Wade, arguant qu'il a déjà fait deux mandats (élu en 2000, réélu en 2007) et doit se retirer du pouvoir. La présidentielle est prévue le 26 février.
 

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