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DARFOUR

Le ministre soudanais de la Défense visé par un mandat d'arrêt de la CPI

Texte par : Dépêche
3 min

Dans le cadre de l'enquête du procureur de la CPI Luis Moreno-Ocampo (photo) sur le génocide au Darfour, le ministre soudanais de la Défense Abdelrahim Mohammad Hussein est visé par un mandat d'arrêt pour crimes de guerre et contre l'humanité.

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AFP - La Cour pénale internationale (CPI) a délivré jeudi le mandat d'arrêt demandé par le procureur contre le ministre soudanais de la Défense Abdelrahim Mohammad Hussein pour des crimes contre l'humanité et crimes de guerre contre la population civile du Darfour.

La CPI "émet un mandat d'arrêt contre Abdelrahim Mohammad Hussein", ont indiqué les juges dans une décision rendue publique, accédant à une demande du procureur Luis Moreno-Ocampo datant du 2 décembre 2011.

Le ministre de la défense est soupçonné d'être le "co-auteur indirect" de treize chefs de crimes contre l'humanité et crimes de guerre énumérés dans le mandat d'arrêt émis à son encontre, dont meurtre, persécution, actes inhumains, viol et pillage.

Ministre de l'Intérieur du gouvernement du Soudan de 2001 à 2005 et représentant spécial du président Omar el-Béchir au Darfour de 2003 à 2004, M. Hussein, 60 ans, est soupçonné d'avoir apporté une "contribution essentielle à l'élaboration et à la mise en oeuvre" d'une campagne "anti-insurrectionnelle" élaborée au plus haut niveau du gouvernement soudanais, selon le mandat d'arrêt.

Cette campagne a été menée contre des groupes rebelles du Darfour (ouest du Soudan) et des civils considérés comme proches des rebelles.

Il aurait notamment assuré "la coordination générale des organes de sécurité opérant à l'échelon du pays, des Etats et des localités, ainsi que le recrutement, l'armement et le financement des forces de police et des miliciens".

Ces crimes auraient été commis entre 2003 et 2004, lorsque les miliciens janjawid et forces armées soudanaises ont mené des attaques contre les villes de Kodoom, Bindisi, Mukjar et Arawala notamment, visant des civils appartenant aux ethnies four, massalit et zaghawa, principalement.

Le procureur de la CPI enquête depuis 2005, en vertu d'une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU, au Darfour, une région en proie depuis 2003 à une guerre civile qui a fait 300.000 morts et 2,7 millions de déplacés, selon l'ONU. Khartoum parle de 10.000 morts.

Avec M. Hussein, six suspects, dont le président soudanais Omar el-Béchir et le chef de milice janjawid Ali Kosheib, sont actuellement poursuivis dans le cadre de l'enquête de la CPI au Darfour.

Subordonné de M. Hussein, l'ancien ministre soudanais des Affaires humanitaires et ex-secrétaire d'Etat à l'Intérieur Ahmed Haroun fait l'objet d'un mandat d'arrêt de la CPI depuis 2007.

Le président soudanais Omar el-Béchir ne reconnaît pas la compétence de la CPI qu'il défie en voyageant à l'étranger notamment dans des pays signataires du Statut de Rome, traité fondateur de la Cour, qui se sont engagés à coopérer avec cette dernière.

Il refuse de livrer à la CPI Ahmed Haroun et Ali Kosheib, qui font depuis 2007 l'objet de mandats d'arrêt pour crimes contre l'humanité et crimes de guerre.

Deux chefs rebelles du Darfour, Abdallah Banda et Saleh Jerbo, sont également poursuivis par la CPI, soupçonnés d'avoir mené une attaque en 2007 contre une mission de maintien de la paix au Darfour sur la base d'Haskanita (nord du Darfour) qui avait fait douze morts.

Ils sont libres en attendant l'ouverture de leur procès pour crimes de guerre.

 

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