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PRÉSIDENTIELLE RUSSE

Le candidat Mikhaïl Prokhorov séduit la jeunesse moscovite

Chouchou des milieux étudiants russes, le très libéral Mikhaïl Prokhorov devrait faire un bon score à Moscou et à Saint-Pétersbourg. Peu de chances toutefois que ce milliardaire de 46 ans batte l'ultra-favori de la présidentielle, Vladimir Poutine.

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envoyée spéciale à Moscou

Pour Micha, étudiant en économie, "c'est Prokhorov qu'il nous faut".
Pour Micha, étudiant en économie, "c'est Prokhorov qu'il nous faut".

Vendredi midi, à moins de deux jours du scrutin présidentiel, les étudiants de l'École supérieure d'économie, dans le nord-est de Moscou, profitent de la pause pour parler politique. Et tous n'ont qu'un nom à la bouche : Mikhaïl Prokhorov, le candidat ultralibéral.

"C'est Prokhorov qu'il nous faut", lance Micha, 18 ans, devant ses camarades. "Il est intelligent, sérieux et n'est pas démagogue. Il représente l'avenir." Nastya, 18 ans également, renchérit : "Oui, pour moi, c'est le meilleur candidat pour les jeunes".

Rien de bien étonnant à ce que la troisième fortune de Russie (13,6 milliards d'euros) plaise à la jeunesse moscovite. À 46 ans, Mikhaïl Prokhorov est le plus jeune des candidats à la présidentielle et est propriétaire depuis 2009 de l'équipe de basket-ball des Nets du New Jersey. "En plus, il s'est fait sa propre fortune, donc il ne prendra pas l'argent de l'État. Il a aussi une expérience dans les affaires, ce qui le rend plus légitime en politique", estime Yevgueni, 19 ans.

"Prokhorov, c'est le meilleur candidat pour les jeunes", lance Nastya, étudiante en économie.
"Prokhorov, c'est le meilleur candidat pour les jeunes", lance Nastya, étudiante en économie.

Dans l'arène politique, Prokhorov fait figure d'ovni. Ce banquier de formation a été parachuté en juin 2011 à la tête de Juste cause, émanation libérale de Russie unie, le parti du couple Poutine-Medvedev, ce qui lui vaut d'être considéré comme une marionnette de l'actuel Premier ministre. Un argument que Nastya réfute : "Pour moi, c'est Guennadi Ziouganov [le candidat du Parti communiste] qui est le pion de l'État, rétorque-t-elle. Il essaie de jouer le rôle de l'opposition pour donner l'image d'un pays démocratique mais c'est faux puisque les communistes approuvent les projets de lois de Russie unie à la Douma [parlement russe]".

7 % des intentions de vote

Prokhorov a fait campagne avec des propositions se démarquant de celles des cinq

autres candidats. Pro-européen, il promet de remplacer le rouble par l’euro et d’adhérer au traité de Schengen pour permettre aux Russes de circuler librement dans l’Union européenne. Le candidat ultralibéral propose d’allonger la semaine de travail à 60 heures. Il veut aussi abolir le service militaire obligatoire, ouvrir les archives de l‘ère communiste et immortaliser les victimes de Staline. Il entend également gracier l’oligarque Mikhaïl Khodorkovsky, emprisonné pour évasion fiscale jusqu’en 2016, et envisage même de le nommer Premier ministre.

"Je vote Poutine car j'opte pour la stabilité", estime Mikhaïl, étudiant en journalisme.
"Je vote Poutine car j'opte pour la stabilité", estime Mikhaïl, étudiant en journalisme.

Crédité de 7 % des intentions de vote, Prokhorov bénéficie d'un large soutien dans la capitale russe et à Saint-Pétersbourg. Mais il est encore bien loin de faire obstacle à la candidature de Vladmir Poutine. Dans le centre de Moscou, à l'École de journalisme, les étudiants affichent une nette préférence pour l'actuel Premier ministre. "Je vote Poutine parce que c'est le seul qui peut continuer à gérer le pays comme il le fait, commente Mikhaïl, 19 ans. Il a déjà construit son réseau au pouvoir, et je préfère miser sur la stabilité". Et d'ajouter que les autres candidats n'ont pas assez de bagages pour faire mieux que lui. À Moscou, la victoire de Poutine ne fait plus de doute, il aurait même de fortes chances de l'emporter dès le premier tour.

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