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À Baba Amr, "la nourriture est devenue un luxe"

Dans une interview accordée à FRANCE 24, Javier Espinosa, journaliste espagnol du quotidien "El Mundo", raconte l’enfer vécu dans le quartier de Baba Amr, à Homs, et les conditions dans lesquelles il a réussi à quitter la ville pour le Liban.

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Au lendemain du retour en France des journalistes français Édith Bouvier et William Daniels, bloqués plusieurs jours en Syrie, le journaliste espagnol du quotidien "El Mundo", Javier Espinosa, a accordé une interview à la chaîne anglophone de FRANCE 24. Après avoir quitté Homs dans la nuit du 27 au 28 février, il est parvenu à rejoindre le Liban le 29 février. 

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Alors que l’aide humanitaire du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et du Croissant-rouge syrien est toujours bloquée à Damas, faute d’autorisation du régime pour rejoindre Baba Amr, Javier Espinosa raconte la situation de crise humanitaire qu’il a pu observer dans le quartier avant son départ : “La nourriture est devenue un luxe. Les aliments de base comme le pain ou même l’eau sont des denrées rares et je ne parle même pas de viande ou de poisson, il n’en ont pas vu depuis des semaines, des mois. Ils ne mangent que du riz, des olives ou de l’huile d’olive avec du zaatar [un mélange de graines moulues]. C’est la seule nourriture dont ils disposent.” Quant aux soins médicaux : “Il n’y a qu’un seul hôpital où on ne peut traiter que de toutes petites choses. Aucune opération chirurgicale ne peut être pratiquée. Si vous êtes blessé à la poitrine ou à la tête, vous mourrez.”

Javier Espinosa décrit les conditions de vie effroyables dans le quartier de Baba Amr, soumis à d’intenses bombardements avant sa prise, jeudi 1er mars, par les troupes de Bachar al-Assad : “On parle de 200 à 300 rockets par jour lancées sur une surface de 12 km2 […] C’est l’un des endroits les plus dangereux où je me sois trouvé jusqu’à présent”, explique le journaliste espagnol, comparant le siège de Baba Amr à ceux de “Sarajevo [en Bosnie] ou Misrata en Libye.” Ce qu’il a pu observer n’est pas une bataille entre deux armées : “Il ne s’agit pas d’un affrontement dans lequel parfois vous avancez parfois vous reculez. Ce n’est pas un combat d’égal à égal, non. Là, ils ne peuvent que se cacher ou être bombardés.”

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Espinosa revient aussi sur les conditions dans lesquelles il a pu quitter Homs pour rejoindre le Liban. “C’était un convoi d’une cinquantaine de personnes. Il y avait des civils, des blessés, des membres de l’Armée syrienne libre [ASL]. Nous avons fui pendant la nuit, il était plus de 21h. Et le problème, c’est qu’il y avait des enfants. Ils étaient terrifiés, ils pleuraient. L’armée nous a repérés et a commencé à tirer sur le groupe. C’était le chaos absolu. Tout le monde courait pour sauver sa propre vie”, raconte le correspondant d’"El Mundo", précisant que “certains ne pouvaient même pas marcher et étaient portés dans des couvertures.” Pour sa part, le journaliste a pu trouver refuge dans une forêt avant de rencontrer des sympathisants de l’ASL qui l’ont aidé à rejoindre la frontière libanaise le 29 février.

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