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La Grèce abat ses dernières cartes auprès de ses créanciers privés

Le délai donné aux créanciers privés d'Athènes pour avaliser l'effacement d'une partie de la dette grecque expire jeudi soir. Le gouvernement s'est débattu toute la journée de mercredi pour les convaincre et semblait optimiste en fin de journée.

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AFP - Le gouvernement grec se débattait mercredi dans une partie serrée avec ses créanciers privés à la veille de l'expiration du délai qui leur a été donné pour avaliser l'effacement d'une partie de la dette souveraine grecque, sans lequel le pays est menacé d'une faillite désordonnée.

Des plus petits porteurs de titres grecs, entraînés à leur corps défendant dans ce grand jeu financier, aux poids lourds de la finance internationale, la tension est montée, alimentant déclarations contradictoires et nervosité boursière, la Grèce officielle jouant le chaud et le froid. Mais l'atmosphère semblait plus rassurée en fin d'après-midi.

Selon une estimation réalisée par l'AFP mercredi vers 16H00 GMT, à un peu plus de 24 heures de l'expiration du délai de candidature, le pourcentage des créanciers privés s'étant déjà prononcés en faveur de l'échange de dette grecque s'établissait à un peu plus de 50% du montant total visé par l'opération d'échange de dette.

L'Institut de la finance internationale (IIF) qui représente les principaux établissements financiers mondiaux a indiqué dans l'après-midi qu'elle avait déjà engrangé l'acceptation de 39,3% du montant total visé par l'opération, soit 81 milliards d'euros.

L'IFF a cité le nom de trente banques, assureurs et fonds d'investissement (Deutsche Bank, HSBC, BNP Paribas) ayant apporté publiquement leur soutien au plan. Plusieurs autres grands détenteurs de titres grecs n'ont pas encore fait part publiquement de leur décision.

Si l'on ajoute près de 18 milliards de fonds gérés par la Banque de Grèce, 2,5 milliards gérés par la plus importante banque régionale allemande, Landesbank Baden-Württemberg (LBBW) et Munich Re, et 8,1 milliards gérés par la banque allemande HRE, on parvient à 109,63 milliards d'euros, soit 53,2% sur les 206 milliards concernés par l'échange d'obligations.

HRE, à la différence de LBBW et Munich Re, n'a pas annoncé publiquement sa participation à l'opération, mais le gouvernement allemand a dit à plusieurs reprises que la banque allait participer.

Sauf prolongation de dernière minute, exclue par Athènes, le verdict final doit tomber jeudi à 20H00 GMT pour les obligations de droit grec, environ 88% du total des près de 206 milliards de titres concernés, un délai supplémentaire courant jusqu'au 11 mars pour celles de droit étranger.

Mardi, l'Agence grecque de gestion de la dette publique (PDMA) avait haussé le ton: "le programme économique grec n'envisage pas la mise à disposition de fonds pour rembourser les créditeurs du secteur privé qui refusent de participer" à l'opération, visant à effacer 107 milliards d'euros de dette grecque, a-t-elle mis en garde dans un communiqué.

Athènes a ainsi averti les créanciers rétifs qu'ils s'exposaient au final à des pertes quasi-intégrales de leurs mises, au lieu de limiter les dégâts autour de 73%, comme prévu par les termes de l'opération.

Mercredi, alors que les médias égrenaient des listes d'institutions financières étrangères ayant annoncé leur ralliement, un porte-parole du gouvernement, Georges Stavropoulos, a fait part de son optimisme: "je crois que tout ira bien, les informations que nous avons sont positives", a-t-il affirmé à la radio Skaï.

L'opération "devrait se dérouler sans accroc" car "elle reste intéressante financièrement pour le secteur privé", a aussi affirmé le Commissaire européen aux Affaires économiques et financières Olli Rehn dans un entretien publié mercredi par le quotidien français Le Figaro.

Seule fausse note publique, Bild, le journal le plus lu d'Allemagne, a annoncé qu'il refusait d'échanger sa dette grecque. Le journal avait acheté pour 4.815 euros d'obligations grecques en décembre pour pouvoir s'offrir ce plaisir après avoir fait campagne pendant des mois contre la Grèce.

L'enjeu du PSI pour la Grèce et la zone euro est d'assurer une participation d'au moins 75% des banques et fonds prêteurs à la restructuration, faute de quoi l'opération serait annulée, exposant le pays à la banqueroute dès le 20 mars, à l'expiration d'obligations d'un montant de 14,5 milliards d'euros.

Selon un rapport de l'organisation bancaire internationale (IIF), qui a mené les négociations sur l'opération, dite PSI, au nom des créanciers privés, le choc ébranlerait toute l'économie européenne et mondiale. Opportunément dévoilée lundi, l'étude chiffre à 1.000 milliards le coût d'une banqueroute grecque.

Sur le front intérieur, les pressions du gouvernement se sont avérées partiellement payantes: à l'issue d'une réunion avec les directions des six principales banques du pays, le ministre des Finances, Evangélos Vénizélos, s'est prévalu mardi soir de les avoir convaincues d'apporter tous leurs titres.

Restent cinq caisses de retraites d'assurances grecques contrôlant 2 milliards d'euros, dont celle des forces de l'ordre et celle des journalistes, qui ont décidé de bouder l'opération, leurs directions n'accordant aucun crédit aux promesses du gouvernement de compenser les pertes prévues, et redoutant des coupes dans les prestations.

Le gouvernement a minimisé l'impact de la bronca, qui concerne 1% du total des titres en jeu au niveau mondial, d'autant qu'il a déjà prévenu que pour les titres relevant de son droit national, il aurait recours à des clauses d'action collective (CAC) contraignant les créanciers rétifs à suivre le mouvement.

Le ministre des Finances, Evangélos Vénizélos, s'est toutefois ému de l'effet produit: "Le marché international trouve l'offre lucrative, quel message envoyons-nous donc?", a-t-il lancé dans un entretien à la radio Realfm.

Les Bourses qui avaient montré leur inquiétude mardi sur l'aboutissement du processus semblaient plus sereines mercredi, celle de New York évoluant en légère hausse vers 15H30 GMT (+11,62 points).

 

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