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Un chef charismatique du Parti communiste chinois limogé

Le numéro un du Parti communiste de Chongqing (sud-ouest), Bo Xilai (au centre), a été écarté de ses fonctions, a annoncé jeudi l'agence Chine nouvelle. Connu pour sa campagne antimafia dans son fief, il espérait intégrer le Bureau national.

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AFP - Bo Xilai, le chef charismatique mais controversé du Parti communiste de la mégapole de Chongqing, a été limogé, a annoncé jeudi l'agence Chine nouvelle, alors qu'il aspirait à devenir membre du cénacle des plus hauts dirigeants chinois cet automne.

Bo Xilai avait été fragilisé en février par la chute de son adjoint, Wang Lijun, sanctionné après sa rocambolesque visite dans un consulat américain où il aurait tenté d'obtenir l'asile politique. L'agence officielle a également officialisé jeudi le limogeage de Wang de ses fonctions de maire-adjoint de Chongqing (sud-ouest).

Ouverture de la session annuelle de l'Assemblée nationale populaire

La chute de Wang avait été perçue par les analystes comme le signe que la carrière nationale de Bo Xilai, qui ambitionnait de devenir l'un des membres du comité permanent du Bureau politique du Parti communiste chinois (PCC) -- neuf actuellement -- était fortement compromise.

Son limogeage au lendemain de la clôture de la session plénière annuelle du parlement, un temps fort de la vie politique chinoise, n'en constitue pas moins une "surprise", selon un diplomate occidental en poste à Pékin.

"On pensait qu'il n'aurait aucune chance de rentrer au comité permanent, mais que d'ici là (le congrès du Parti communiste à l'automne: ndlr), pour calmer le jeu, on le laisserait à son poste", a-t-il déclaré à l'AFP.

Il y a une semaine, Bo avait été absent d'une session parlementaire consacrée à la réforme du code de procédure pénale, où se trouvaient les autres membres du Bureau politique, dont il fait partie. Il avait justifié cette absence par une grippe.

Il a été remplacé par Zhang Dejiang, un vice-Premier ministre réputé conservateur. Le changement d'hommes a été décidé "après mûre réflexion" par le Comité central du PCC, a précisé Chine nouvelle.

Ce limogeage emblématique intervient alors que l'équipe au pouvoir à Pékin doit être remplacée par des dirigeants plus jeunes lors du XVIIIe congrès du Parti en octobre, une transition politique qui s'accompagne de luttes intenses en coulisse pour les postes clés au sommet.

"Est-ce que cela veut dire que Xi Jinping (le probable futur numéro un chinois) va épouser les réformes de Wen Jiabao (l'actuel Premier ministre) et accélérer le processus de réformes politiques ? C'est trop tôt pour le dire", estime Jean-Pierre Cabestan, directeur du département d'études politiques de la Hong Kong Baptist University.

Bo Xilai est connu pour avoir été le maître d'oeuvre de la spectaculaire transformation de Chongqing, municipalité-laboratoire de 33 millions d'habitants avec en son centre une ville de 12 millions d'habitants, l'une des cinq plus grandes de Chine, devenue sous la direction de Bo un pôle économique majeur.

Cet ancien ministre du Commerce, qui a mené une vigoureuse campagne antimafia dans son fief, est aussi réputé pour avoir souhaité faire revivre à Chongqing l'idéal révolutionnaire, plus de 30 ans après la mort de Mao Zedong.

Cette campagne contre le crime organisé, assortie de nombreuses exécutions, lui a valu un grand nombre d'ennemis.

"Sa campagne antimafia a été extrêmement féroce et s'est faite au mépris des règles juridiques, y compris en Chine", observe M. Cabestan.

Cette lutte était notamment menée par Wang Lijun, que Bo a cherché à protéger jusqu'au bout, en le faisant transférer "du poste-clé de responsable de la Sécurité publique à un poste moins important du gouvernement (de Chongqing), celui de responsable de l'Education et de la culture. Il l'a conservé sous son aile, il l'a protégé et cette décision l'a condamné", selon le politologue.

Son style atypique dérangeait également.

"Il est très ouvert, a beaucoup de confiance en lui et est charismatique, ce n'est pas comme cela que la plupart des dirigeants chinois se comportent", relève Patrick Chovanec, un analyste qui enseigne à l'Université Tsinghua de Pékin.

"Bo Xilai a toujours mis mal à l'aise une grande partie de la direction. Ils prenaient ombrage de sa manière de faire campagne pour un siège au comité permanent" notamment en courtisant la presse, ajoute M. Chovanec.

 

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