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REPORTAGE - TURQUIE

Les réfugiés syriens affluent en Turquie

Vidéo par : Assia SHIHAB
4 min

Fuyant les bombardements et les exécutions sommaires commises par l'armée du régime de Damas, quelque 25 000 réfugiés syriens ont trouvé refuge en Turquie, dans des camps installés près de la frontière. Reportage.

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Une salle de prière, une école… Dans le camp de Reyhanli, près de la ville Antakya, dans le sud de la Turquie, des centaines de réfugiés syriens ont réussi, bon an mal an, à s’organiser une nouvelle vie quotidienne, rythmée par les prières et les heures de classe dans des écoles de fortune. Ce camp temporaire est en passe d’être évacué, et ses habitants transférés dans un nouveau camp, dans la province turque de Kilis, plus à l’est. Abrités jusqu'alors sous d’épaisses toiles de tente, ils habiteront désormais dans les mobil-homes de l’un des dix camps installés par Ankara près de la frontière syrienne.

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fr/ptw/2012/04/09/WB_FR_NW_GRAB_ASSIA_REFUGIES_15H_NW738753-A-01-20120409.flv

Un an après le début de la répression en Syrie, quelque 25 000 personnes ont trouvé refuge dans la Turquie voisine. Elles ont fui les bombardements et les exactions commises par l’armée du régime de Bachar al-Assad. "Selon plusieurs de ces réfugiés que nous avons rencontrés, principalement originaires d’Idlib et de Hama, dans le nord de la Syrie, l’offensive de l’armée syrienne s’est accentuée ces derniers jours, rapporte Assia Shihab, envoyée spéciale de FRANCE 24 à la frontière syro-turque. Depuis le jeudi 5 avril, 4 000 Syriens ont fui en Turquie."

L’armée accentue les violences

Depuis une semaine, les blessés arrivent en plus grand nombre dans les hôpitaux turcs de la région. Des civils, mais également des membres de l’Armée syrienne libre (ASL). D’autres affluent dans les camps. L'imam Cheikh Samir a fui Hama. Il est l’un des rares religieux syriens qui ont osé défier ouvertement le pouvoir. "Ces derniers jours, l’armée syrienne frappe le peuple de façon très violente, sans merci, témoigne-t-il. Les soldats détruisent les maisons, nous sommes donc en droit de nous protéger. Donc nous avons émis une fatwa [avis donné par une autorité religieuse] pour donner à l’ASL le droit de défendre le peuple."

Les témoignages recueillis par FRANCE 24 dans le camp de Reyhanli font état d’exécutions sommaires. "On a quitté le pays parce qu’on a vu des crimes, des meurtres. Mes trois frères ont été tués, ils ont été égorgés", témoigne un homme devant la caméra de FRANCE 24. Son ami renchérit : "Ils tuent des gens en groupe. Ils les mettent dans un coin et ils les tuent tous ensemble. C’est quelque chose qu’on ne peut pas décrire".

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fr/ptw/2012/04/08/WB_FR_NW_PKG_F24_REFUGIES_SYRIENS_TURQUIE_22H_NW737487-A-01-20120408.flv

Le plan de Kofi Annan en mauvaise passe

À l’approche de la date butoir du mardi 10 avril, établie par le plan de sortie de crise, proposée par Kofi Annan, émissaire spécial de l’ONU et de la Ligue arabe pour la Syrie, et acceptée par Damas, les forces du régime de Bachar al-Assad accentuent la pression sur la rébellion, notamment dans les villes du nord de la Syrie, Hama et Idlib. "Il semblerait que l’armée syrienne veuille nettoyer ces poches de résistance avant la date limite, explique Assia Shihab. Ce sont des zones stratégiques où l’ASL est très présente et qui sont proches de la frontière turque par laquelle l’ASL se ravitaille."

Le plan de Kofi Annan prévoit un retrait des forces syriennes des villes au plus tard mardi matin et un arrêt total des violences 48 heures plus tard. Mais aussi bien chez les réfugiés que chez les observateurs, rares sont ceux qui croient à l’arrêt des violences. D’autant que dimanche, Bachar al-Assad, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, a posé de nouvelles exigences au retrait de ses troupes. Il veut désormais des garanties écrites de l’ASL sur l’arrêt de toute forme de violence et exige qu’elle rende leurs armes.

Lundi, de violents combats ont opposé l’armée et les rebelles syriens dans la province d’Alep, dans le nord de la Syrie, et de Deir Ezzor, dans l’est, laissant présager d’un nouvel afflux de réfugiés en Turquie. Ankara a lancé un appel à la communauté internationale pour obtenir une aide matérielle. Kofi Annan devrait se rendre sur place mardi, pour visiter un camp de réfugiés.

 

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