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Israël interdit l'accès de son territoire à des centaines de militants pro-Palestiniens

Israël a interdit l'accès à son territoire à plusieurs centaines de militants pro-Palestiniens en provenance d'Europe qui souhaitaient se rendre en Cisjordanie pour en dénoncer l'occupation par l'État hébreu.

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AFP - Israël interdisait dimanche l'entrée sur son sol à des centaines de militants de l'opération "Bienvenue en Palestine", dénonçant son contrôle de l'accès aux Territoires palestiniens occupés, soit à leur arrivée, soit dans les aéroports de départ.

Sur quelque 1.500 participants espérés, dont 500 à 600 Français, seuls quelques dizaines sont parvenus jusqu'à l'aéroport Ben Gourion de Tel Aviv, la grande majorité ayant été bloquée à l'embarquement.

Au total, 40 passagers "retenus pour interrogatoire" étaient en instance d'expulsion, a annoncé à l'AFP une porte-parole de la police israélienne, Louba Samri, précisant que 33 étaient Français.

Les sept autres sont de nationalités espagnole, italienne, suisse, canadienne et portugaise.

Sur les 40, "il y a actuellement 27 citoyens français" qui ont refusé d'être refoulés vers la France et "seront transférés dans un centre de détention", a précisé à l'AFP la porte-parole des services d'immigration, Sabine Hadad.

Les autres étaient en cours d'expulsion, a-t-elle ajouté.

Les organisateurs palestiniens ont dénoncé dans un communiqué une "nouvelle procédure illégale" des autorités israéliennes qui demandent aux passagers de signer "une déclaration par laquelle ils s'engagent à ne pas avoir de contact et à ne pas coopérer avec des +membres d'organisations pro-palestiniennes+".

Le ministère israélien de l'Intérieur a indiqué vérifier ces informations.

La police israélienne a affirmé avoir mobilisé "plusieurs centaines de policiers" à l'aéroport. Selon la radio publique, ils sont 650, la plupart en civil.

En amont, les compagnies française Air France, britanniques easyJet et Jet2.com et allemande Lufthansa ont annulé les billets de voyageurs dont les noms figuraient sur une liste de "personnes indésirables" communiquée par Israël.

A l'aéroport parisien de Roissy, où 90 militants ont été empêchés d'embarquer, selon des sources aéroportuaires, des dizaines de militants ont manifesté en scandant "Aujourd'hui, le checkpoint est à Paris!".

A Bruxelles, au moins 120 militants pro-palestiniens ont protesté après le refus de plusieurs compagnies, en particulier Brussels Airlines, d'embarquer une centaine d'entre eux pour Tel Aviv.

A Istanbul, Turkish Airlines a bloqué l'embarquement d'une cinquantaine de militants, selon l'agence Anatolia.

A Genève, une vingtaine de militants ont embarqué pour Tel Aviv, mais une quarantaine d'autres, bloqués par la police, en ont été réduits à protester, selon des organisateurs.

A Rome, Alitalia a refusé l'embarquement à sept militants italiens, ont annoncé les médias, et à Vienne, Austrian Airlines en a fait de même pour cinq passagers.

L'opération "Bienvenue en Palestine", organisée du 15 au 22 avril, pour la troisième année consécutive, dénonce l'occupation israélienne de la Cisjordanie et notamment le contrôle par Israël de tous les accès au territoire palestinien.

Cette année, l'objectif des participants est l'inauguration d'une école internationale à Bethléem, dans le sud de la Cisjordanie.

En juillet 2011, Israël avait obtenu que des centaines de militants soient empêchés d'embarquer, et en avait bloqué puis expulsé près de 70 autres à leur arrivée.

Le ministre israélien des Transports, Israël Katz, a déclaré que son pays ne pouvait "pas se permettre de laisser entrer des provocateurs sur son territoire", accusant certains d'appartenir à des "organisations pro-iraniennes".

En revanche, la dirigeante du parti d'opposition de gauche Meretz, Zehava Galon, a estimé que "fermer les frontières en créant un nouveau rideau de fer ne (changerait) pas la réalité de l'occupation israélienne qui dure depuis 45 ans".

 

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