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PRÉSIDENTIELLE AMÉRICAINE

Mitt Romney, l'Américain qui aimait (trop) Paris

4 min

Le probable adversaire républicain de Barack Obama à la présidentielle américaine, Mitt Romney, a affirmé qu'il appréciait la France et sa capitale. Un aveu qui peut se révéler compromettant pour un candidat à la Maison Blanche.

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“Sacrebleu, another gaffe!“ ("Sacrebleu, une nouvelle gaffe !"). C'est ce qu'a dû penser le directeur de campagne du républicain Mitt Romney, lors d’un déplacement, lundi 23 avril, en Pennsylvanie. Son candidat, qui, selon toutes vraisemblances, affrontera Barack Obama à la présidentielle américaine de novembre, a en effet eu le malheur de répondre à un journaliste qu'il l'interrogeait sur la France.

"J'ai beaucoup de souvenirs en France. Je pense que mes meilleurs souvenirs sont ceux des moments que j'y ai passés de temps en temps en vacances avec ma femme. Les dernières vacances que nous avons passées là-bas, à marcher dans la ville de Paris, pas seulement sur les Champs-Élysées mais aussi au jardin du Luxembourg et dans la ville, l'une des plus belles villes du monde . J'ai hâte d'y retourner à l'occasion, car c'est un endroit très charmant."

Cette déclaration d'amour de Romney à Paris pourrait bien lui jouer des tours, comme l'affirme, non sans humour, le chroniqueur politique du "Washington Post" Chris Cillizza. "Message aux hommes politiques : ne parlez pas de la France. Jamais. Sauf si, d'une manière ou d'une autre, vous la condamnez", a-t-il posté sur son compte Twitter quelques minutes après la sortie francophile de Romney.

Car s'il est un pays qui divise au sein de la classe politique américaine, c'est bien la France. Les conservateurs la considèrent comme une contrée gangrenée par des lois d'inspiration marxiste, où le prochain président pourrait bien être issu du Parti socialiste. Quant aux démocrates, ils se gardent bien de passer pour des snobs en avouant leur penchant pour un pays, dont la littérature, le cinéma et la gastronomie sont surtout prisés des élites. En outre, les Américains ont encore en mémoire la brouille de 2003, lorsque Paris menait l'opposition internationale à une intervention armée des États-Unis en Irak.

John Kerry, alias "Jean Cheri"

Les candidats à la Maison Blanche évitent donc le plus possible de s'avancer sur un terrain que tous les observateurs politiques avisés savent dangereux. "La salle de presse toute entière a laissé éclater des 'oh non !', quand Romney s'est rappelé, de manière affectueuse, son voyage en France", rapporte ainsi Glenn Thrush, journaliste pour le site Internet Politico.

Comme tous les commentateurs politiques du pays, il se souvient du sort qui avait été réservé à John Kerry lorsque celui-ci briguait la Maison Blanche en 2004 pour le Parti démocrate. Ses origines françaises lui avaient valu les quolibets de son adversaire de l'époque, George W. Bush, ainsi que le sobriquet peu flatteur de "Jean Cheri".

Paris, Ohio

La déclaration de Romney sur Paris est toutefois peut-être calculée en vue d'un recentrage politique. Après avoir fait campagne sur des thèmes très à droite lors des premiers mois de la course à la primaire républicaine, celui qui a passé plusieurs mois en France dans les années 1960, en tant que missionnaire pour l'Église mormone, souhaite séduire davantage de candidats centristes, à présent qu'il est quasiment assuré de représenter le Grand Old Party (GOP) lors de la présidentielle.

De plus, Barack Obama ne devrait pas lui reprocher son attirance pour Paris, celui-ci ayant récemment séjourné avec sa famille dans la capitale française, comme le rappelle la revue américaine conservatrice "The National Review". "Les Obama ont visité Paris en 2009, réservant dans le restaurant de la tour Eiffel du célèbre chef Alain Ducasse. Michelle Obama a aussi fait du shopping dans l'une des boutiques préférées des plus célèbres parents de Hollywood, comme les Jolie-Pitt et le couple Cruise-Holmes."

Si la base conservatrice républicaine lui tient néanmoins rigueur de son goût pour la France, Romney pourra toujours plaider le quiproquo, comme lui suggère la chroniqueuse pour le "Washington Post", Alexandra Petri. "Calmez-vous tous, je suis sûre que Romney parlait de Paris dans l'Ohio".
 

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