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Nicolas Sarkozy "pris en flagrant délit de mensonge", par Tariq Ramadan

À deux reprises depuis mercredi, Nicolas Sarkozy a assuré que Tariq Ramadan avait appelé à voter pour François Hollande. Contacté par FRANCE 24, l’intellectuel suisse controversé nie et accuse le président sortant "de mentir de manière éhontée".

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Tariq Ramadan a-t-il appelé à voter pour François Hollande ? C’est du moins ce que croit savoir Nicolas Sarkozy, qui a affirmé, mercredi 25 avril sur l’antenne de TF1, que l’intellectuel controversé s’était prononcé en faveur de son rival socialiste. Joint au téléphone par FRANCE 24, Tariq Ramadan assure, lui, “n’avoir jamais appelé à voter pour l’un des deux candidats” et dénonce “un mensonge inadmissible et mesquin”.

“Le président candidat est pris en flagrant délit de mensonge. J’ai seulement dit que si j’étais citoyen français - ce que je ne suis pas - je ferais le bilan du quinquennat de Nicolas Sarkozy, et je serais alors très insatisfait, explique-t-il. Le président sortant me diabolise pour essayer de racoler sur les terres du FN [Front national, NDLR]. Il commence à sentir le parfum de la défaite et donc il pousse le bouchon toujours un peu plus loin.”

Nicolas Sarkozy a pourtant réitéré ses accusations ce jeudi au micro de France Inter, précisant que Tariq Ramadan avait appelé à voter Hollande "ou un parti qui serve l'islam", dans le cadre d’une assemblée publique “Le printemps des quartiers”, qui s’est tenue le 11 mars 2012 à Lyon.

“Je me souviens très bien de cette réunion, je n’y ai jamais tenu de tels propos, car je n’ai jamais appelé au vote communautaire”, se défend l’islamologue de nationalité suisse, régulièrement invité à intervenir dans des colloques en France.

Il assure que ses critiques à l’égard du président français ne constituent en rien une prise de position en faveur de François Hollande. “Lorsque j’attaque Nicolas Sarkozy, c’est au pouvoir que je m’en prends. Quant au Parti socialiste, je regrette également qu’il se soit coupé de sa base en renonçant à ses idéaux. Je tiens les deux courants majoritaires français responsables de la montée du FN.”

Moratoire sur la lapidation des femmes

Cette nouvelle “affaire Ramadan” constitue la dernière polémique en date autour du citoyen helvétique, par ailleurs enseignant à l’université d’Oxford, au Royaume-Uni. Il avait déjà fait la une des médias à l’occasion de la 29e Rencontre des musulmans de France, organisée du 6 au 9 avril à Paris-Le Bourget, lorsque le gouvernement français s’était publiquement opposé à sa venue.

Il s’était tout de même rendu au Bourget, malgré les appels du ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, qui avait demandé aux responsables de l’Union des organisations musulmanes de France (UOIF) d’invalider son invitation en raison de "propos très ambigus [...] prononcés il y a plusieurs années".

Selon le ministre français, le citoyen suisse, petit-fils de Hassan al-Bana, fondateur des Frères musulmans, avait réclamé la tenue d’un moratoire sur la lapidation des femmes, "ce qui est quand même une horreur absolue", avait commenté le ministre.

Tariq Ramadan assure de son côté n’avoir “jamais soutenu la lapidation des femmes”. “Je m’y suis toujours opposé en demandant un moratoire pour que cesse cette pratique. Ma position est conforme à celle d’Amnesty International qui passe par des moratoires pour faire interdire certaines pratiques, comme la peine de mort” se justifie-t-il.

Et l’universitaire de renchérir : “Je n’ai pas de leçon à recevoir de Nicolas Sarkozy, qui avait chanté les louanges de l’islam ‘modéré et progressiste’ pratiqué en Arabie Saoudite, quand il s’était rendu dans le pays en 2008.
 

Vidéo de Tariq Ramadan, qui aurait été filmée, selon son auteur, le 4 mars 2012 à l'université de Nanterre, en région parisienne, à l'occasion d'un colloque de l'association Entraide. L'islamologue suisse indique que s'il pouvait voter, il voterait "contre Nicolas Sarkozy".

"Moi j’aurais une position de principe qui est extrêmement claire. Je suis tellement mécontent de ce que je peux voir que je voterais effectivement pour le premier tour et voterais pour celui que je considère être le moins mauvais. Mais au deuxième tour, je n’aurais pas un vote dit 'utile', j’aurais un vote exactement différent, je n’aurais qu’un vote sanction. Quelque soit celui qui est au pouvoir, et bien je dirai, je suis contre toi. Je ne suis pas pour toi mais je suis contre toi. […] Par rapport à Sarkozy ou par rapport à Hollande, je ne vais pas voter pour Hollande parce que… Non, je vais voter contre Sarkozy, mais si Hollande arrivait par la suite, je serais contre lui de la même façon. Un vote qui aurait un poids mais qui est un vote contre, parce que je ne me reconnais dans rien de ce que vous dîtes. Donc un premier tour où je chercherais le moins mauvais et un deuxième tour où je voterais contre celui qui est en charge."

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