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Après la destitution de Lugo, le nouveau pouvoir paraguayen tente d'imposer sa légitimité

Vivement condamnée par les pays voisins, la destitution du président Lugo isole le Paraguay. Le nouveau gouvernement n'a été reconnu par aucun pays, et ne pourra participer aux sommets du Mercosur et de l'Unasur prévus les 28 et 29 juin.

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AFP - Le Paraguay était de plus en plus isolé dimanche, au surlendemain de la destitution du président Lugo, après l'annonce par l'Argentine de la suspension de sa participation au prochain sommet du Mercosur, alors qu'une réunion de l'Unasur est évoquée pour mercredi.

Le bloc a décidé de "retirer au Paraguay, de façon immédiate, le droit de participer à la 43e réunion du Conseil du marché commune et au Sommet des présidents du Mercosur, ainsi qu'aux réunions préparatoires", a indiqué dans un communiqué le ministère argentin des Affaires étrangères, pays hôte du prochain sommet prévu jeudi et vendredi à Mendoza.

Dans la journée, à Asuncion, le nouveau chef de la diplomatie paraguayenne José Felix Fernandez Estigarribia avait pourtant assuré vouloir participer à ce sommet, où le président destitué Fernando Lugo avait lui aussi annoncé qu'il se rendrait.

Outre le Paraguay, le Marché commun sud-américain comprend l'Argentine, le Brésil et l'Uruguay.

Autre organisme politique régional, l'Unasur (Union sud-américaine des Nations, regroupant l'Argentine, la Bolivie, le Brésil, la Colombie, le Chili, l'Equateur, la Guyane, le Paraguay, le Pérou, le Surinam, l'Uruguay et le Venezuela), dont le Paraguay assure la présidence tournante, va également se réunir dans les prochains jours.

"La réunion est prévue mercredi au Pérou", prochain pays à assurer la présidence de l'Unasur, a affirmé dimanche la présidence équatorienne.

Le nouveau pouvoir paraguayen n'a pour l'instant été reconnu par aucun pays et les critiques continuaient d'être vives dimanche en Amérique latine, de nouveaux ambassadeurs ayant été rappelés au cours des dernières heures.

Dernières annonces en date dimanche soir: le rappel en consultation de l'ambassadeur du Mexique au Paraguay et celui du Pérou, le retrait de l'ambassadeur équatorien et l'assurance du Brésil qu'il n'interviendrait pas dans les affaires intérieures du Paraguay.

Au total, sept pays latino-américains ont retiré ou rappelé leurs ambassadeurs du Paraguay (Argentine, Brésil, Colombie, Uruguay, Pérou, Equateur, Mexique). Cinq ont annoncé qu'ils ne reconnaissaient pas le nouveau gouvernement: Venezuela, Bolivie, Equateur, Salvador et Nicaragua.

En outre, le président vénézuélien Hugo Chavez "va suspendre les envois de pétrole (au Paraguay). Nous le regrettons beaucoup, mais nous n'allons pas soutenir un coup d'Etat", a déclaré M. Chavez à Caracas.

Enfin, José Rodriguez, le dirigeant paysan à l'origine de l'occupation qui a débouché sur les affrontements du 15 juin ayant fait onze morts sur une propriété à 250 km d'Asuncion, a appelé dimanche à "poursuivre la mobilisation" en faveur de l'ancien président. Ce sont ces événements qui ont accéléré la crise politique au Paraguay.

Les rues de la capitale étaient toutefois calmes dimanche, la majorité des commerces étant fermés, comme chaque fin de semaine, et aucun rassemblement de masse n'était visible.

Accusé par le Parlement d'avoir "mal rempli ses fonctions", M. Lugo (gauche) a été chassé du pouvoir vendredi au terme d'un procès politique expédié en quelques heures devant le Congrès, et remplacé par son vice-président, le libéral Federico Franco.

 

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