SYRIE

Les combats acharnés se poursuivent à Alep et Damas

Les combats entre soldats et rebelles redoublent d'intensité ce vendredi à Alep, ville-clé du pays continuellement bombardée par le régime. À Damas, l'armée tente de venir à bout de poches de résistance, notamment dans le quartier de Tadamoun.

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Lancée le 20 juillet, la bataille cruciale que se livrent insurgés et forces du régime pour le contrôle d’Alep, capitale économique de la Syrie, redouble chaque jour de violence. Les deux camps continuent d’ailleurs d’y envoyer des renforts.

Les forces de Bachar al-Assad tentent de reprendre l’avantage sur les rebelles qui ont

enregistré plusieurs succès ces derniers jours, et disposent d’armes lourdes et de chars. D’après les observateurs de l’ONU, l’armée régulière, de son côté, utilise des hélicoptères et des avions militaires pour survoler et bombarder certains quartiers.

C’est dans le quartier de Salaheddine, bastion des rebelles situé dans le sud de la ville, que les combats sont les plus acharnés. Ils faisaient toujours rage vendredi.

Selon les habitants, des snipers sont également déployés sur les murailles de la vieille ville, classée au patrimoine mondial de l’Unesco. "La citadelle d'Alep est un symbole, c'est l'histoire de nos ancêtres, nous allons l'attaquer si Dieu le veut et nous libèrerons tout le pays", a déclaré dans le dédale de la vieille ville, Abou Mohammad, un rebelle.

Ailleurs dans le pays, les combats ne faiblissent pas. A Damas, où des tirs d'artillerie plus ou moins forts ré

sonnaient vendredi matin, l’armée veut venir à bout de poches de résistances comme le quartier de Tadamoun dans le sud de la capitale. Des violences ont également eu lieu dans le camp palestinien voisin de Yarmouk, où 21 personnes ont été tuées jeudi par des tirs d’obus.

Le front de Damas s'était pourtant calmé il y a une dizaine de jours, après que l'armée a pris le dessus au terme d'une semaine d'affrontements inédits. Mais il semble qu’un nouveau feu s’allume à chaque fois que l’armée en éteint un. "L’armée régulière a repris l’essentiel de la capitale. Les insurgés avaient dû se retirer des quartiers qu’ils occupaient. Mais de tels affrontements prouvent que l’ASL est toujours présente à Damas", signale Perrine Mouterde, correspondante de FRANCE 24 à Beyrouth, au Liban.

Dans la province de Deir ez-Zor enfin, limitrophe de l’Irak, « les opposants ont pris le contrôle de toute la province, hormis les villes de Mayadine et de Boukamal, où se déroulent de violents combats", selon le directeur de l'Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) Rami Abdel Rahmane.

Des combats ont également éclaté aux abords de l'aéroport militaire à Marj el-Sultane dans la province de Damas, selon l'ONG.

Un nouveau général a en outre franchi vendredi matin la frontière pour se réfugier en Turquie, ce qui porte à 29 le nombre de généraux syriens déserteurs accueillis sur le sol turc, selon une source diplomatique turque.

Malgré ces violences des milliers de personnes sont descendues dans les rues comme tous les vendredi, à Tartous, Idleb (nord-ouest), Deraa (sud), Hama (centre), Hassaké et Alep (nord) où les manifestants ont appelé à "exécuter Bachar".

Situation humanitaire dramatique

Par ailleurs, la situation humanitaire ne cesse de se dégrader. Depuis plus de 16 mois de conflit, les déplacés et réfugiés par centaines de milliers et continuent de fuir les zones de combats.

Le Haut commissariat des nations unies aux réfugiés (HCR) a dit sa préoccupation quant au sort de ces réfugiés. Selon lui, en un seul jour, environ 700 d'entre eux sont ainsi venus voir le bureau de l'agence onusienne à Damas pour obtenir de l'aide et des conseils.

Jeudi déjà, l’Organisation de l’ONU pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) tirait la sonnette d’alarme, estimant que trois millions de Syriens ont un besoin urgent de nourriture.

Alors que la communauté internationale est plus que jamais divisée au lendemain de la démission de Kofi Annan, émissaire de l’Onu et de la Ligue arabe, le régime reste déterminé à en finir avec la révolte lancée en mars 2011, et qui s'est militarisée face à la répression sanglante faisant plus de 20.000 morts en 16 mois selon l'OSDH.

 

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