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La disparition des athlètes camerounais, une trahison compréhensible

Sept athlètes camerounais ont disparu alors qu'ils participaient aux JO de Londres. Le président du Comité olympique camerounais, Ahmed Kalkaba Malboum, dit se sentir "trahi", mais admet "comprendre ces athlètes".

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A défaut de s'illustrer par des médailles puisqu'il n'en a reçu aucune, le Cameroun fait parler de lui au chapitre faits divers. Sept athlètes camerounais - dont cinq boxeurs, un nageur et une footballeuse - sur les 37 que comportait la délégation de "Cameroun Olympic" ont disparu alors qu'ils se trouvaient en Grande-Bretagne pour y disputer les Jeux olympiques, a annoncé mardi le ministère des Sports et de l'Éducation physique du Cameroun. Les athlètes sont soupçonnés d'avoir fui afin de rester en Europe pour des raisons économiques.

"Ce qui a débuté comme une rumeur s'est avéré vrai. Sept athlètes camerounais qui ont participé aux Jeux olympiques de Londres ont disparu du village olympique", a déclaré David Ojong, chef de la mission camerounaise aux JO dans un message envoyé au ministère de son pays.

Drusille Ngako, première sur la liste

Drusille Ngako, gardienne réserviste de l'équipe nationale féminine de football, a été la première à prendre la poudre d'escampette. La joueuse, qui n'avait finalement pas été retenue dans la liste des 18 sélectionnées à l'issue de la préparation des Lionnes en Écosse avant les JO, avait néanmoins fait le voyage à Londres avec l'équipe camerounaise. C'est en se rendant à Coventry pour y disputer son dernier match de préparation contre la Nouvelle-Zélande que Drusille Ngako a disparu.

Une situation qui ne surprend guère Junior Binyam, le responsable communication de la Fédération camerounaise de football (Fécafoot), interrogé par RFI :

Quelques jours plus tard, le nageur Paul Edingue Ekane disparaissait de sa chambre en emportant ses affaires personnelles. Il avait disputé le 3 août les séries du 50 m nage libre et à la sortie du bassin, ses déclarations se voulaient prémonitoires : "En Afrique, au Cameroun nous n’avons pas de piscine. Je m’entraîne deux fois par semaine sans coach dans une piscine de 15 m. Donc c’est très difficile au Cameroun de nager, de motiver les autres à nager dans mon pays. Moi la natation c’est dans mon sang, mais ça me désole beaucoup de ne pas avoir les conditions nécessaires."

Les autres disparus sont cinq boxeurs éliminés dès les premiers tours : le champion d’Afrique chez les mi-mouches Thomas Essomba, Christian Donfack Adjoufack, Abdon Mewoli, Blaise Yepmou Mendouo et Serge Ambomo. Ceux-ci se sont volatilisés avec leurs primes de participation (officiellement 2,5 millions de francs CFA chacun) et leur pièces d'identité, alors qu'ils devaient rentrer au Cameroun dimanche 5 août.

En général, les délégations africaines "confisquent" les passeports lors de compétitions internationales pour éviter ce genre de mésaventure, mais dans le cas présent, les boxeurs seraient entrés en possession de ces documents, grâce à un plaidoyer de leur entraîneur, selon le site Internet Okabol.

Le président du Comité olympique camerounais, Hamed Kalkaba Malbou, se dit pour sa part "trahi", mais admet "comprendre ces athlètes, parce qu’ils n’ont pas l’environnement qui correspond à leur espérance" au micro de RFI :

Pour autant, le chef de la communication du Comité d’organisation des JO de Londres (LOCOG) Jackie Brock-Doyle a précisé mercredi 8 août que ces personnes "ont des visas pour rester dans ce pays jusqu'à novembre, donc à ce stade, ils n'ont rien fait de mal".

Cette situation n’est en rien nouvelle. En 2001, 106 athlètes ont réclamé l’asile politique au Canada après les IVe Jeux de la francophonie. L’année suivante, à la fin des Jeux du Commonwealth organisés à Manchester, la délégation de Sierra Leone est repartie avec seulement dix de ses trente représentants.

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