REPORTAGE

Le quotidien des réfugiés syriens du camp de Kilis, en Turquie

Des centaines de Syriens franchissent quotidiennement la frontière syro-turque pour échapper aux bombardements de l’armée de Bachar al-Assad. Dans le camp de Kilis s’entassent 12 000 réfugiés syriens. Reportage.

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Douze mille réfugiés syriens accueillis sur trente-six hectares. Pas de tentes, mais des préfabriqués neufs et des bâtiments en dur : mosquée, école, hôpital et supermarchés. Le camp de Kilis, situé à quelques pas de la frontière syrienne, est le plus grand camp de réfugiés syriens de Turquie. Construit dans l’urgence au début du mois d'avril, le long du poste frontière syro-turc, il est déjà saturé. Depuis quelques jours, ses responsables sont contraints de refuser les nouveaux arrivants qui fuient, chaque jour, les combats entre l'armée régulière et les rebelles, en Syrie.

Dans le camp, chaque réfugié reçoit l'équivalent de 10 euros par semaine crédités sur une carte à puce. "C’est une carte qu'on peut seulement utiliser dans les supermarchés du camp. C'est plus cher ici, mais on n'a pas le choix", explique Hamza. Avec toute sa famille, ce Syrien a fui Marea, une ville frontalière bombardée.

Immigrés

Hamza vit avec cinq autres personnes dans un container aménagé : deux pièces, une salle de bain, électricité et eau courante. Il rappelle que, par le passé, c’est la Syrie qui a accueilli des réfugiés de Palestine, du Liban pendant la guerre civile, et d'Irak. "Nous avons accueilli plus de 2 millions de réfugiés irakiens", se souvient-il. Et de faire un constat : "Nous sommes une nation habituée à recevoir des immigrants mais, avec Bachar al-Assad, nous sommes devenus des immigrants".

Comme tous les réfugiés syriens, Hamza attend la chute du régime et le retour au pays. Il reproche à la communauté internationale, y compris à la France, de ne pas avoir su protéger les civils : "Sarkozy et Hollande, tout ce qu'ils font, c’est parler. Ils n’ont rien fait de concret. Toutes les sanctions économiques n’atteindront jamais le régime. On a besoin de concret, comme une zone d’exclusion aérienne". Un espoir qui repose aujourd'hui sur les épaules de la France, qui préside le Conseil de sécurité de l’ONU jusqu'au 31 août, et organisera un mini sommet onusien sur la Syrie, le 30 août.

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