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Mais où est passé le vice-président chinois Xi Jingping ?

Il est le successeur du président Hu Jintao et doit prendre ses nouvelles fonctions en octobre, mais Xi Jingping n’est plus apparu en public depuis 10 jours. Pékin tente de contrôler les rumeurs sur sa santé en verrouillant Internet.

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Si Nanni Moretti vivait à Pékin, il aurait peut-être adapté son dernier film "Habemus Papam" à l'univers clos du Parti communiste chinois (PCC). Car le mystère qui entoure la disparition du vice-président Xi Jinping n'est pas sans rappeler la situation fictive d'un pape, joué par Michel Piccoli, qui, au moment de son élection comme souverain pontife, fuit ses responsabilités et disparaît dans le dédalle des rues de Rome. Le petit monde du Vatican le cherche partout et masque maladroitement son absence.

Le parallèle avec l'imaginaire de Nanni Moretti est troublant : Xi Jingping n'est plus apparu dans aucun rendez-vous public depuis dix jours, même quand il s'est agit de rencontrer la secrétaire d'État américaine Hillary Clinton ou le Premier ministre de Singapour. Mais contrairement à la fiction du cinéma, le Parti communiste chinois sait vraisemblablement ce qui est advenu du vice-président Xi Jingping, promis à la magistrature suprême après son adoubement au XVIIIe Congrès du PCC.

"J'ai déjà répondu à de nombreuses reprises aux questions des journalistes" sur le sujet, se contente de rétorquer le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Hong Lei, "et je n'ai rien à ajouter".

Les seules informations qui circulent sont diffusées par des sources anonymes qui elles-mêmes se réfèrent au cercle proche du pouvoir. "Il n'est pas en très bonne santé, mais il ne souffre pas d'un problème grave", dit l'une de ces sources. Ils sont plusieurs à préciser que l'intéressé s'est blessé au dos en allant faire ses longueurs de piscine quotidiennes.

Le web chinois censure le "mal de dos"

Qu'il s'agisse donc d'un simple mal de dos ou d'un problème de santé plus important, le refus des autorités de communiquer est total. Le web chinois a bloqué la possibilité de taper "Xi Jingping" ou "mal de dos" dans les moteurs de recherche. Ce qui alimente d'autant plus les rumeurs et n'empêche pas les hypothèses les plus folles de circuler sur la toile - les internautes contournent la censure en désignant Jingping comme le "crown prince" (l'héritier) ou "she" (elle). Certains ont évoqué l'hypothèse d'un accident de voiture. Mais le site web Boxun a fini par se rétracter : il a imputé cette fausse rumeur à des "gauchistes" (terme désignant généralement les néo-maoïstes du courant du dirigeant déchu Bo Xilai, lire son portrait ici).

La fébrilité autour de cette affaire est d'autant plus grande qu'au mois d'octobre, le Congrès du PCC doit valider la fin du mandat présidentiel de Hu Jintao et désigner Xi Jingping comme son successeur - un processus qui doit aboutir à une passation de pouvoir officielle en mars 2013.

"Depuis la révolution culturelle, cette situation est inédite : jamais un dirigeant de premier plan n'a disparu un mois avant le Congrès du Parti communiste", commente à l'AFP Willy Lam, un expert politique à l'université de Hong Kong. "D'après mes informations, il se rétablit. C'est simplement que le PCC ne veut pas montrer cet homme souffrant en public". Émilie Tran, doyenne de l'Université Saint-Joseph à Macao, sait que "Xi Jingping est réellement souffrant, mais rien qui mette sa vie en danger. Il semblerait que son visage soit touché et ce n'est pas une image que lui ou le Parti veut donner. Mais aux dernières nouvelles, la succession [de Hu Jintao, NDLR] au XVIIIe Congrès ne sera pas affectée." Les autorités chinoises font preuve d'une pudeur extrême, lorsqu'il s'agit d'exposer la vie privée et particulièrement la santé des dirigeants.

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