MÉDIAS SOCIAUX

Avec #muslimrage, "Newsweek" provoque dérision et indignation sur Twitter

En suggérant de commenter sa couverture provocatrice de l'édition du 24 septembre, "la rage des musulmans" via Twitter, l’hebdomadaire "Newsweek" a provoqué un déferlement de tweets humoristiques dévoyant le hashtag #muslimrage.

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Avec le hashtag #muslimrage sur Twitter, il est possible d’obtenir de l’humour. L’hebdomadaire "Newsweek" l’a constaté à ses dépens. En suggérant de commenter la une de son dernier numéro, sur laquelle figurent deux hommes barbus criant leur colère, la publication espérait peut-être recueillir des témoignages sur les raisons des manifestations qui agitent le monde musulman, en réaction au film "L'innoncence des musulmans", jugé blasphématoire à l'encontre du prophète Mahomet. L’hebdomadaire a donné la parole à Ayaan Hirsi Ali, jeune femme d’origine somalienne qui a trouvé refuge aux Pays-Bas après un mariage forcé et écrit un best-seller "Infidèle" en 2007. "Newsweek" titre : "la rage musulmane, comment j’y ai survécu, comment on peut y mettre fin".

Sur Twitter, le hashtag n’a pas tant provoqué de commentaires islamophobes qu’un raz-de-marée de tweets hilarants, rédigés par des musulmans du monde entier, et qui tournent en dérision la proposition de "Newsweek".

Vision "démodée et bigote"

Les confrères de la presse goûtent l’ironie de l’histoire, tout en critiquant vertement la une de l’hebdomadaire américain, qui fait suite à une série de couvertures "choc" – dont celle mémorable sur les attentats du 11 septembre 2001.

Sur le site du quotidien britannique "The Telegraph", le correspondant au Pakistan Rob Crilly s’insurge contre une vision "démodée et bigote" du monde musulman que propage "Newsweek". "La photo en plan serré (en une du journal) élimine tout contexte. Il pourrait très bien s’agir de deux hommes qui viennent de voir leur équipe de foot perdre un match. Cela pourrait être un enterrement. Ces hommes peuvent être au milieu d’un groupe de 5 personnes ou de 5 000. Cela n’a pas d’importance. On nous demande seulement de penser : ils sont à nos trousses." Les musulmans, en conclut Rob Crilly, en sont réduits à l’état de casseurs écervelés.

Twitter ne s'encombre pas de barrières. Les amateurs d’humour ou de "trollage" s’en donnent à cœur joie. Certains suggèrent que la dérision se propage désormais aux hashtag #Jewishrage ou #christianrage.
 

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