GRÈCE

Angela Merkel pour la première fois en Grèce depuis cinq ans

La chancelière allemande est arrivée en Grèce, où elle vient apporter son soutien au gouvernement conservateur d’Antonis Samaras qui s’apprête à imposer une nouvelle cure d’austérité à un pays exsangue. Un déplacement sous haute tension.

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Ce mardi 9 octobre, la chancelière allemande, Angela Merkel, s’est rendue en Grèce, pour la première fois depuis le début de la crise dans le pays en 2009, afin d'apporter son soutien au Premier ministre, Antonis Samaras, alors que le gouvernement grec s’apprête à imposer de nouvelles mesures de rigueur à un pays à bout de souffle. A l’occasion de ce déplacement, le centre d’Athènes a été bouclé et interdit à la circulation et quelque 6 500 policiers anti-émeutes ont été mobilisés. 

EN IMAGES : des manifestations anti-Merkel éclatent à Athènes

Un dispositif qui n’aura pas été vain. Pendant que la chancelière allemande était reçue au palais du Premier ministre, la police a tiré des gaz irritants contre des manifestants qui jetaient des morceaux de marbre contre les forces anti-émeutes dans le centre d'Athènes. Le petit groupe de manifestants, quelques dizaines, a ainsi été repoussé alors que se poursuivait une manifestation pacifique anti-austérité de quelque 25 000 personnes place Syntagma devant le Parlement. Des escarmouches du même type ont continué à éclater sporadiquement, sans toutefois gagner en ampleur, la police se limitant à des ripostes ponctuelles.

Les Grecs hostiles à Merkel

"Vous n'êtes pas les bienvenus. Dehors les impérialistes", disait une banderole dans la foule, restée, elle, calme. "Au peuple allemand: la prochaine fois vous ne pourrez pas dire : ‘nous ne savions pas’", clamait une autre.

Deux drapeaux nazis ont été brûlés par des manifestants sur la barrière de métal qui protège le Parlement, sous le regard d'une nuée de photographes du monde entier, dans une mise en scène qui semblait presque étudiée, a constaté une journaliste de l'AFP.

Sifflée pendant le match Allemagne-Grèce de l’Euro-2012, caricaturée en nazie dans la presse grecque, la chancelière allemande est largement tenue pour responsable du marasme dans lequel est plongée la société grecque. Pourtant, c’est bien un message d’apaisement qu’est venue distiller Angela Merkel : à son arrivée, la chancelière a salué les "efforts" et les "progrès accomplis" par la Grèce et a souhaité que le pays "reste dans l'euro", ajoutant être "convaincue que l'effort difficile en vaut la peine". "Si on ne résout pas les problèmes maintenant, ils se manifesteront plus tard de façon encore plus grave", a averti Angela Merkel.

La troïka exige un effort supplémentaire

La veille de son déplacement, la chancelière avait déclaré : "les temps sont durs". Un pléonasme pour les Grecs, soumis à des coupes salariales drastiques - certains fonctionnaires ont perdu jusqu’à 50 % de leur salaire, le salaire minimum a en outre été réduit de 22 % - et à d’importantes hausses d’impôts. Chaque semaine, des dizaines d’entreprises ferment leurs portes. Le chômage touche presque un quart de la population - il a atteint en août dernier 55,4 % pour les moins de 25 ans, selon des chiffres publiés par Eurostat. Dans la rue, les sans-abri sont de plus en plus nombreux alors que les files d’attente s’allongent aux soupes populaires.

La société grecque étouffe. La troïka (les créanciers publics de la Grèce : Banque centrale européenne, Union européenne et Fonds monétaire international) exige, cependant, pour maintenir son aide financière à la Grèce, de nouvelles économies portant sur 13,5 milliards d’euros sur deux ans. Antonis Samaras qui, dans un entretien à la presse allemande, dressait un portrait catastrophique de l’état de la société grecque, plaide lui pour un allongement à quatre ans de l’application des mesures d’économie.

FRANCE 24 avec dépêches

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"On demande beaucoup au peuple grec" (Merkel)

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