FOOTBALL – LIGUE DES CHAMPIONS

Le Bate Borisov, révélation de la Ligue des Champions

AFP

Le Bate Borisov surprend, étonne. Le champion de Biélorussie, vainqueur de ses deux premiers matches de poule de Ligue des Champions, a néanmoins chuté face au FC Valence. Découverte de ce club, fondé en 1973, avec le Français Aurélien Montaroup.

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Il faut se pincer pour le croire, mais c’est bien le Bate Borisov (acronyme de Borisov works of Automobile and Tractor electric Equipment) qui occupait la première place du groupe F de la Ligue des Champions avant la 3ème journée de la phase de poule et sa réception des Espagnols du FC Valence mardi 23 octobre. 

Pour sa 3e participation à ce stade de la compétition, le club biélorusse a commencé de la meilleure des manières : deux matches, deux victoires et un même score 3-1 face à Lille et face au Bayern Munich.

Les coéquipiers d’Aleksandr Hleb, ancien joueur du FC Barcelone et d’Arsenal, avaient pourtant, a priori, tout pour jouer dans ce groupe le rôle du souffre-douleur face au Bayern Munich, Valence et Lille, trois clubs bien plus habitués que l’équipe biélorusse aux joutes européennes.

Mais face au finaliste malheureux de la dernière Ligue des Champions, le Bate Borisov n’a pas tremblé le 2 octobre dernier. Sur la pelouse du stade du Dinamo Minsk, les Biélorusses ont donné une leçon de réalisme et de bravoure défensive aux Bavarois. De quoi ravir la presse biélorusse qui exultait alors. "L'Europe est sous le choc" titrait ainsi le site d'informations sportives Football.by.

Cette victoire face au Bayern était d’autant plus symbolique qu’elle mettait fin à 9 victoires consécutives du club bavarois toutes compétitions confondues.

"Ces dix dernières années, le club a fait un grand pas en avant. Aujourd'hui, nous disposons de bonnes installations et sommes capables de battre la deuxième meilleure équipe du monde, car je pense que seul Barcelone est plus fort que le Bayern en ce moment. Nous pouvons être fiers de cela. C'est quelque chose qui fera partie de l'histoire", affirme Aleksandr Hleb au site de l’UEFA.

 

Bien placés pour se qualifier en huitièmes de finale, les Biélorusses n’avaient pourtant jusqu’à présent jamais gagné de matchs en 2 campagnes de C1 (5 nuls, 7 défaites).

Le seul fait de gloire du Bate Borisov sur la scène européenne est d’avoir atteint, lors de la saison 2010/2011, les 16e de finale de la Ligue Europa face au PSG (élimination 2-2 ; 0-0). Sur la scène domestique, le Bate Borissov est en revanche un véritable ogre avec douze trophées en douze ans (8 titres, 2 Coupes et 2 Supercoupes). Actuellement, il caracole en tête du championnat biélorusse et devrait selon toute vraisemblance ajouter à son palmarès un nouveau titre de champion national.

Aurélien Montaroup, premier et seul joueur Français à avoir évolué en Biélorussie (au Dinamo Minsk, 2008-2011). Il joue actuellement au SM Caen (Ligue 2).
Aurélien Montaroup, premier et seul joueur Français à avoir évolué en Biélorussie (au Dinamo Minsk, 2008-2011). Il joue actuellement au SM Caen (Ligue 2).

FRANCE 24 a justement rencontré le premier et seul joueur Français à avoir évolué en Biélorussie (au Dinamo Minsk, 2008-2011), l’actuel joueur du SM Caen Aurélien Montaroup. Entretien.

FRANCE 24 : Que pouvez-vous nous dire sur cette équipe du Bate Borisov contre laquelle vous avez joué pendant 3 saisons ?

Aurélien Montaroup : La première impression que j’ai eue quand je suis arrivé en Biélorussie et que j’ai affronté cette équipe, c’est qu’elle était rodée avec beaucoup d’expérience. Selon moi, le Bate jouerait le haut de tableau en France.

Au Bate Borisov, on retrouve beaucoup d’internationaux. C’est quasiment l’équipe de Biélorussie ! Et l’apport d’Aleksandr Hleb est indéniable. Mais l’équipe s’appuie surtout sur leur jeune entraîneur, Viktor Goncharenko (ancien joueur du club stoppé par une blessure à un genou en 2002, entraîneur depuis 2007 ndlr.) Il est allé à l’étranger étudier ce qui se fait de mieux : Milan AC, Juventus Turin… Il s’inspire de ce football étranger et pour l’instant cela lui réussit car les résultats suivent. Justement, je pense qu’il ne va pas en rester là. Je le vois bien prendre les rênes de la sélection biélorusse ou entraîner un gros club russe.

Quelles sont les infrastructures et le budget du Bate Borisov ?

Le budget est beaucoup plus important que les 8 millions d'euros qui sont annoncés un peu partout. Je dirais qu’il tourne plutôt autour de 30 à 35 millions. Tout n’est pas déclaré, le club dit 8 millions pour l’UEFA, mais en réalité c’est beaucoup plus.

Au niveau des infrastructures, ils ont les moyens. Ils possèdent un très beau centre d’entraînement qui a été payé par le président biélorusse Alexandre Loukachenko. Autrement les joueurs vivent et s’entraînent à Minsk. Le club va justement construire un stade magnifique de 20 000 places sur le modèle de l’Emirates Stadium à Londres. Là encore, c’est l’État qui va payer. Pour le moment, leur stade actuel n’est pas homologué par l’UEFA, donc il joue à Minsk.

Comment voyez-vous évoluer le Bate Borisov dans cette Ligue des Champions ?

On sent qu’actuellement cette équipe a franchi un palier. Sur la scène européenne, le Bate a une grande confiance et n’a pas peur. Ils ont les moyens de sortir de leur poule.

À domicile, je pense qu’ils vont faire carton plein, notamment ce soir face à Valence, et qu’ils vont se qualifier pour les huitièmes de finale. Le problème, c’est qu’ils vont se jouer en janvier-février, soit en plein milieu de leur trêve hivernale. La neige va arriver en novembre et les terrains vont devenir difficiles. De janvier à mars, les clubs biélorusses se préparent dans le Sud (Turquie, Chypre) car à Minsk il y a vraiment trop de neige. 

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