FRANCE

Islam : 60% des Français jugent trop importantes sa visibilité et son influence

AFP

Un sondage Ifop publié par "Le Figaro" jeudi, à la veille de la fête religieuse musulmane de l'Aïd al-Adha, tire la sonnette d'alarme sur la perception de l'islam en France.

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Alors que la communauté musulmane s’apprête à fêter vendredi 26 octobre  l’Aïd al-Adha, fête du sacrifice, un sondage Ifop publié par "le Figaro" montre un malaise français envers l’islam.

D’après l’enquête, réalisée en ligne du 15 au 18 octobre sur un échantillon de 1 736 personnes représentatif de la population française, 43 % des Français voient dans la présence de la communauté une "menace" pour l’identité du pays. Seuls 17 % considèrent qu’elle peut être un facteur d’enrichissement culturel.

Les signes distinctifs et symboles religieux ainsi que l’influence de l’islam sont également jugés trop importants par 60 % des Français. Il y a deux ans, ils étaient déjà 55 % à partager cette opinion.

Le sondage a été réalisé par questionnaire auto-administré en ligne auprès d'un échantillon de 1 736 personnes, représentatives de la population française âgée de 18 ans et plus, entre le 15 et le 18 octobre.

Durcissement des Français vis-à-vis de l’islam

Cette enquête montre également une opposition de plus en plus marquée des Français à certains symboles de l'islam. Ainsi, 43 % des sondés se sont prononcés contre la construction de mosquées et 63 % se disent opposés au port du voile dans la rue, contre 59 % en 2010. Enfin, concernant l’accueil de la société française aux musulmans, 68 % des sondés jugent que la mauvaise intégration de certains musulmans vient de la mauvaise volonté de ces derniers.

Pour Jérôme Fouquet, directeur du département opinion de l’Ifop, le sondage "démontre une évolution qui va dans le sens d'un durcissement supplémentaire des Français vis-à-vis de cette religion et d'une perception négative renforcée de l'islam".
Face à cette mise en demeure, le Conseil représentatif du culte musulman (CFCM) rejette la faute sur le traitement politique et médiatique de l'islam.

"Les Français ne connaissent l'islam qu'à travers l'actualité, qui se concentre sur les faits négatifs comme l'arrestation de radicaux", souligne le président du CFCM Mohammed Moussaoui. "Il y a un traitement politique et social de l'islam et non spirituel".

"Une situation explosive"

Le sociologue Raphaël Liogier, auteur du "Mythe de l'islamisation" et professeur à Sciences Po Aix, s'est dit très préoccupé par le sondage qui, selon lui, reflète une "situation explosive". Le "plus grave", dit-il, est la statistique suivante: 68% des sondés attribuent les problèmes d'intégration des musulmans à leur "refus de s'intégrer".

"En disant cela, les Français supposent une intention maligne et négligent les facteurs économiques et sociaux, estime le chercheur. On est dans la définition clinique de la paranoïa : on a peur de choses que l'on ne voit même plus, que l'on suppose exister."
"C'est très dangereux" car cela peut entraîner des personnes fragiles à se prendre pour des "héros isolés" de la "civilisation européenne" et à verser dans la violence, dit-il.

L'occupation de la Mosquée de Poitiers le 20 octobre par le groupuscule d'extrême droite Génération identitaire relève, selon lui, de cette logique. Mais "le pire est encore devant nous", ajoute l'expert en estimant possible l'émergence en France d'un tueur comme Anders Behring Breivik, qui a assassiné 77 personnes en Norvège le 22 juillet 2011 au nom de la lutte contre le multiculturalisme.

 

Ambiance déchainée à la mosquée de poitiers

 

FRANCE 24 avec dépêches

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