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Bons baisers de Russie d'Isabelle Yacoubou

Spartak Moscou

Médaillée d'argent aux JO de Londres avec l'équipe de France, Isabelle Yacoubou est devenue l'une des joueuses préférées du public. Après cette aventure, la basketteuse, originaire du Bénin, découvre la Russie avec son nouveau club du Spartak Moscou.

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Depuis son arrivée en Russie il y a deux mois, la Française Isabelle Yacoubou ne redoute qu’une chose : l’hiver. Pour l’instant, tout va bien, la météo est encore clémente. "Il fait entre zéro et quatre degrés. C’est plutôt chaud pour la saison et il n’y a pas encore de neige !", explique-t-elle au téléphone, dans un grand éclat de rire.

La basketteuse est fidèle à son image, souriante et blagueuse à chaque phrase. Le grand public l’a découverte à l’occasion des Jeux olympiques de Londres, en juillet dernier. Un pivot de 1,95 m pour 100 kg qui a largement contribué à la médaille d’argent remportée par les Bleues surnommées "les Braqueuses". Aux côtés de ses coéquipières Sandrine Gruda et Jennifer Digbeu, cette force de la nature s’est aussi rendue célèbre grâce à ses interprétations délirantes de "Pour que tu m'aimes encore" de Céline Dion. Trois mois après la fin de l’olympiade, la joueuse de 26 ans ne cache pas qu’elle a mis du temps à descendre de son petit nuage. "C’était génial. Je ne l’oublierai jamais, mais maintenant, j’ai d’autres défis à relever ici", confie-t-elle.

Du Bénin à Moscou

Isabelle Yacoubou en pleine action lors d'un match du Spartak Moscou
Spartak Moscou

Ici, c’est Vidnoïe, une ville de 50 000 habitants située à six kilomètres de Moscou, en Russie. C’est là que se situe la prestigieuse équipe féminine du Spartak, quatre fois championne de l’Euroligue (2007, 2008, 2009, 2010). Cet été, après la banqueroute financière de son club dans le championnat espagnol, Isabelle Yacoubou a signé un contrat pour une saison. "Je n’ai pas hésité. Valence a fait faillite et je n’avais pas beaucoup de possibilité. Le niveau du Spartak est aussi exceptionnel et il a énormément d’ambition", raconte la nouvelle recrue.

Mais la vie en Russie est bien différente de celle qu’elle a connue lorsqu’elle jouait en Espagne, en Italie ou encore à Tarbes. "Je suis africaine, j’ai une culture plus ouverte sur le monde. On vit dehors, on danse... Ici, la culture est différente", souligne celle qui est née à Godomey, au Bénin. "Je ne pense pas que les gens sont méchants, mais ils ne sont pas habitués à être chaleureux. Je n’ai eu aucun contact avec les supporters. Ce n’est pas un public communicatif", poursuit la basketteuse. Isabelle reconnaît aussi qu’elle doit faire face au racisme ambiant : "Dans la rue, il y avait une quarantaine de personnes qui me pointaient du doigt du fait de ma couleur de peau. Je me suis dit que ce n’était pas possible car c’était des adultes, mais pourtant si… Je me suis adaptée, je le prends avec le sourire".

La demande en mariage du compagnon d'Isabelle Yacoubou lors des Jeux Olympiques de Londres

Pour mieux affronter ce nouveau quotidien, Isabelle peut compter sur ses proches. Son fiancé italien, qui l’avait demandée en mariage en direct à la télévision durant les JO, l’a suivie en Russie. "Heureusement qu’il est là, sinon ce serait dur. Il est enseignant de théâtre. Il a laissé ses élèves et pris une année sabbatique", raconte-t-elle avec fierté.

D’adversaires à partenaires

  • Née le 21 avril 1986 à Godomey, Bénin
  • Clubs:
    2003-2010 Tarbes (France)
    2010- 2011 Famila Schio (Italie)
    2011- 2012 Ros Casares Valence (Espagne)
    2012-2013 Spartak Moscou (Russie)
  • Palmarès club:
    - Vainqueur de l'Euroligue 2012
    - Championne d'Espagne 2012
    - Coupe d'Italie 2011
    - Championne d'Italie 2011
    - Championne de France 2010
    - Finaliste de la Coupe de France 2009
    - Vice-championne de France 2009
  • Palmarès équipe de France:
    - Médaille d'argent aux Jeux olympiques 2012
    - Championne d’Europe 2009
    - 3e du championnat d’Europe 2011                       

Sur le plan sportif, l’intérieure des Bleues doit également s’adapter à sa nouvelle équipe. Douze joueuses, dont plusieurs Russes, qu’elle a battues lors de la demi-finale remportée par l’équipe de France à Londres. "Au début, j’avais de l’appréhension, mais cela est passé rapidement. Cet été, j’ai gagné contre elles, aujourd’hui je joue avec elles. Les adversaires d’hier sont les partenaires de demain", affirme-t-elle.

Le Spartak Moscou pointe actuellement à la 6e place du classement, derrière l’UMMC Ekaterinburg de la Française Sandrine Gruda qui est 1er ex-aequo après 4 rencontres. Assoiffée de victoires, Isabelle compte bien ajouter le championnat russe à son palmarès : "On vient de perdre deux matchs, mais on a de très grandes joueuses. Il faut que la mayonnaise prenne. Il faut qu’on arrive à se faire confiance et cela ne se fait pas du jour au lendemain".

Autre objectif de sa saison : l’Euro-2013 qui se déroulera en France à partir du 15 juin. Les "Braqueuses" veulent réussir une nouvelle fois le hold-up parfait après leur sacre européen en 2009. "Je suis très contente que le coach ait été reconduit (Pierre Vincent, NDLR). Les filles ont hâte de revenir et de jouer face à notre public", déclare la numéro 4 des Bleues. Les supporters français ont aussi très envie de la voir de nouveau prendre le micro après une victoire. "Mes amies m’ont dit que je n’avais aucune chance de devenir chanteuse. Je continue de chanter, mais sous ma douche… À l’Euro, si j’ai mon trio, on verra !", annonce-t-elle dans un dernier éclat de rire.

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