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Un huis clos secret à Chantilly réunit Taliban et gouvernement afghan

Chateau de la Tour

À Chantilly, au nord de Paris, s'ouvrent deux jours de discussions à huis clos entre représentants des Talibans, du Hezb-e-islami et du gouvernement afghan. Il ne s'agit pas de négociations à proprement parler, précisent les organisateurs.

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La France accueille des discussions entre les principaux acteurs de la politique afghane, y compris l’insurrection armée des Taliban et le Hezb-e-islami, deuxième groupe insurgé actif en Afghanistan. Cette rencontre a lieu dans le luxueux château de la Tour, à Gouvieux, près de Chantilly (Picardie), jeudi 20 et vendredi 21 décembre. Les délégations y discutent à huis clos, sous l’égide de la Fondation pour la recherche stratégique (FRS), think tank français proche du ministère français des Affaires étrangères. Rien ne filtre de ce "séminaire fermé", précise Camille Grand, directeur de la FRS. Aucun journaliste n’y est admis.

C'est la première fois qu’un panel aussi large d’acteurs afghans se réunit en Europe. Les Taliban armés y sont représentés par deux hauts responsables, dont Shahabuddin Dilawar, qui figure sur la liste des personnes faisant l'objet de sanctions de l'ONU. De façon opportune, le Conseil de sécurité a allégé en début de semaine les sanctions contre les Taliban afin de permettre à certains d'entre eux de voyager pour participer à des discussions de paix.

"Laisser s'exprimer les uns et les autres"

Autour de la table se retrouvent également des représentants du président Hamid Karzaï, perçu par les Taliban comme une "marionnette" aux mains des États-Unis, mais aussi l’Alliance du Nord, qui regroupe les anciens compagnons de route du commandant Massoud, ennemi juré des Taliban. Il s’agit d’"une retraite studieuse, ils ne sont pas là pour aller faire du shopping à Paris", croit bon de préciser à l’AFP Camille Grand, directeur du think tank de stratégie militaire française.

Il ne s’agit pas pour autant de négociations à proprement parler. "Le but de l'exercice est de laisser s'exprimer les uns et les autres, qu'ils s'écoutent et que la discussion s'engage dans les meilleures conditions possibles", poursuit Camille Grand. "Il est difficile d’imaginer que le mollah Omar, actuel leader des Ttaliban afghans, ait donné son feu vert à des négociations officielles, lui qui s’y oppose tant qu’il y aura des soldats de la coalition sur le sol afghan", explique Mathieu Mabin, grand reporter à FRANCE 24.

En juin dernier, un panel similaire s’était retrouvé à Kyoto, au Japon, pour un séminaire organisé par la Doshisha University, mais "n’avait pas donné lieu à des négociations", avait précisé le porte-parole des Taliban Zabiullah Mujahed, contredisant le président Hamid Karzaï. Des rencontres ont également eu lieu en début d’année à Doha (Qatar), en présence de représentants des États-Unis, ainsi qu’en Arabie saoudite.

Retrait des troupes françaises d'Afghanistan, facteur favorable

Cette rencontre près de Chantilly représente une étape importante, d’autant plus symbolique qu’elle se déroule en France, pays qui vient d'achever son retrait militaire  d'Afghanistan.

La France quitte la Kapisa et met fin à sa mission de combat en Afghanistan.

Selon Ghairat Baheer, représentant du groupe Hizb-e-Islami, la position de la France dans la question afghane permet que le dialogue soit possible. "Tant qu’il y aura des troupes étrangères en Afghanistan, il n’y aura pas d’issue pacifique au conflit afghan. Ce rendez-vous a une haute importance. Il se déroule à un moment crucial", explique Ghairat Baheer sur le site internet de Voice of America. "Il s’agit de rencontres entre Afghans. Les Français ne sont que des facilitateurs. Ils ne participent pas aux discussions. Nous espérons que quelque chose de positif en ressortira", ajoute-t-il.

Officiellement, le gouvernement français n’est pas à l’origine de l’invitation, qui a laissé la Fondation pour la recherche stratégique convoquer la réunion. Mais le ministère des Affaires étrangères a certainement facilité la tenue du rendez-vous. "C’est une manière pour la République française de ne pas brûler la priorité à la coalition [de l'Otan, menée par les États-Unis] en Afghanistan et de procéder pas à pas", analyse Mathieu Mabin.

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