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Bachar al-Assad propose une "solution politique", l'opposition la rejette

AFP

Le président Bachar al-Assad a dévoilé, dimanche, lors d'un rare discours, une "solution politique" pour mettre fin à la guerre civile en Syrie. Une initiative rejetée par ses opposants qui y voient un nouveau subterfuge du pouvoir.

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La Coalition de l'opposition syrienne a rejeté dimanche la "solution politique" proposée par Bachar al-Assad lors d'un rare discours du président syrien. Cette initiative, comprenant notamment une conférence de réconciliation excluant "ceux qui ont trahi la Syrie", ne fait que "recycler" des propositions déjà rejetées par ses adversaires depuis le début du soulèvement armé (mars 2011), estime la Coalition nationale syrienne (CNS).

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"Jamais nous n'accepterons de dialoguer avec lui", a d'ailleurs affirmé Monzer Makhous, l'ambassadeur du CNS, sur FRANCE 24.

Une réaction ferme suivie à l'unisson par le CNS. "Nous avons dit, lors de la formation de la Coalition, que nous souhaitions une solution politique, mais l'objectif pour les Syriens est de le sortir (du pays) et ils ont déjà perdu pour cela plus de 60 000 martyrs ", a déclaré à l'AFP le porte-parole de la Coalition, Walid al-Bounni, joint par téléphone. "Ils n'ont pas fait tous ces sacrifices pour permettre le maintien du régime tyrannique".

M. Bounni a encore accusé M. Assad "d'écarter toute possibilité de dialogue avec les forces révolutionnaires. (...) Il veut dialoguer avec des interlocuteurs qu'il a choisis et refuse toute initiative reprenant les aspirations du peuple syrien et conduisant au final à son départ et au démantèlement de son régime".

La solution politique exposée ce dimanche par Bachar al-Assad pour sortir la Syrie de la guerre civile est "déconnectée de la réalité", a affirmé le département d'Etat américain, appelant à la démission du président syrien.

Le discours de M. Assad "est une nouvelle tentative du régime pour s'accrocher au pouvoir et ne fait rien pour faire avancer le but du peuple syrien vers une transition politique. Son initiative est déconnectée de la réalité", a affirmé, dans un communiqué, la porte-parole de la diplomatie américaine, Victoria Nuland

Pour lui, M. Assad n'acceptera "aucune initiative qui ne garantit pas la stabilité de son régime et ne prévoit pas qu'il conserve le contrôle de la Syrie".

M. Bounni a, en outre, estimé que le discours de M. Assad s'adressait principalement "à la communauté internationale car il est clair qu'il y a de véritables efforts (au niveau international) pour aboutir à une solution politique reprenant les exigences du peuple syrien (qui souhaite) la fin de la tyrannie et, à sa tête, le régime du clan Assad".

D'autre part, "le régime n'est pas en mesure d'entrer dans des zones (tenues par les rebelles, NDLR) distantes de quelques kilomètres de Damas (...) et il envoie un message", avec ce discours, à ses partisans "qui souffrent désormais", selon M. Bounni, car ils redoutent la chute proche du régime.

Dans un communiqué, la Coalition a ensuite estimé que ce discours, prononcé "au moment même où ses milices commettent des massacres contre des civils", "confirme l'incompétence de Bachar al-Assad" et montre qu'il est "incapable d'initier une solution politique" assurant "une sortie avec un minimum de pertes à son régime".

Et cela, "parce qu'il ne s'imagine pas (...) autrement qu'au pouvoir, même s'il est rejeté par son peuple et ses alliés traditionnels".

"Le peuple syrien, l'Armée syrienne libre (ASL, rebelles), le mouvement révolutionnaire et les forces civiles répondront en resserrant encore plus les rangs et en libérant le territoire syrien toujours occupé (...) jusqu'à l'effondrement total du régime", a ajouté le CNS.

La Coalition a, de son côté, posé comme condition sine qua non à tout dialogue le départ du chef d'Etat contesté depuis près de deux ans.

FRANCE 24 avec dépêches

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